Pékin réduit les chances d’une entrée du renminbi parmi les DTS
L’intégration du renminbi aux devises à droits de tirages spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international (FMI) pourrait faire partie des victimes collatérales de l’éclatement de la bulle sur les marchés chinois. C’est en tout cas ce que craignent les analystes de Fitch qui soulignent que l’intervention de l’Etat sur les marchés de capitaux «pourrait signifier que la priorité est donnée à la croissance aux dépens des réformes».
Après plusieurs réformes des marchés de capitaux ayant entrouvert ceux-ci aux investisseurs internationaux, les décisions prises par les autorités chinoises pour endiguer la chute des cotations ont refroidi les ardeurs des prétendants internationaux. Alors que la moitié des valeurs chinoises listées sont toujours privées de la cotation, Pékin a par ailleurs demandé au fonds souverain de soutenir le marché, et aux entreprises publiques de racheter leurs propres actions.
Pour Larry Fink, le dirigeant de BlackRock, l’interventionnisme chinois a déjà terni la réputation du pays à l’international et risque de faire fuir les investisseurs internationaux. «Il est vital que la Chine continue sur le chemin des réformes et de la libéralisation», a-t-il indiqué lors de la présentation des résultats trimestriels de BlackRock.
L’importance de l’intervention chinoise pourrait retarder l’intégration du renminbi parmi les devises de réserves du FMI alors que la revue quinquennale de son panier, actuellement composé du dollar, de l’euro, de la livre sterling et du yen, est prévue à l’automne. «La probabilité d’une inclusion a grandement diminué sur les trois dernières semaines» pour David Woo, stratégiste en chef chez Bank of America Merill Lynch. «Le gouvernement augmente son contrôle de l’économie et il est probable que cela s’étende à la monnaie», explique-t-il, «et cela permettrait aux Etats-Unis de montrer que la Chine ne remplit pas les conditions pour une inclusion au sein des DTS».
Malgré tout, la Chine ne paraît pas avoir entièrement abandonné le chemin des réformes. La Banque centrale chinoise a ainsi mis à jour mardi soir sa régulation concernant les marchés obligataires domestiques. Les autres banques centrales et les fonds souverains pourront désormais accéder librement au marché obligataire interbancaire, leur seule obligation étant d’informer la banque centrale de leurs plans.
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