Pékin décide de limiter le risque planant sur la finance de l’ombre
Le président d’ICBC a eu beau minimiser ce week-end le risque de contagion lié à l’éventuel défaut d’un produit de gestion de fortune (WMP) commercialisé par la banque chinoise, en indiquant que «la société a surexagéré l’ampleur du shadow banking (…), nettement plus important aux Etats-Unis ou au Japon qu’en Chine», Pékin a finalement décidé hier de circonscrire le risque planant sur le système bancaire chinois.
L’émetteur, China Credit Trust, a indiqué avoir trouvé un accord destiné à éviter le défaut de son produit «Credit Equals Gold No1 Trust», qui arrive à maturité vendredi. L’accord permet aux 700 investisseurs impliqués de céder leurs droits à un tiers dont l’identité n’a pas été révélée, et à un prix équivalent à la valeur faciale de leurs titres détenus. Seuls les intérêts sur la troisième année du produit ne seront pas versés, ce qui représente une perte limitée à 300 millions de yuans. China Credit Trust a levé 3 milliards de yuans lors de l’émission du produit en février 2011, destiné à financer une société d’exploitation de mine de charbon, Shanxi Zhenfu Energy Group, en faillite depuis l’arrestation de son directeur. En contrepartie, les rendements annuels offerts allaient de 9,5% à 11%.
Pourtant, UBS estime que vingt produits de ce type émis par des sociétés fiduciaires, soit 24 milliards de yuans, auraient fait face à des difficultés de paiement. Il existe également un problème juridique lié aux WMP, la responsabilité des banques qui les ont commercialisés et celle des compagnies fiduciaires qui les ont émis n’ayant pas été clairement définies lors de la phase initiale de développement de ces produits, explique Natixis. Si l’encours des WMP, de 9.918 milliards de yuans (17,4% du PIB), reste limité par rapport aux crédits bancaires qui représentent 130% du PIB, «nous ne disposons cependant pas d’informations sur la part des «bad loans» qui présentent un risque de crédit élevé», reconnaît Natixis.
De plus, l’inadéquation entre les maturités inférieures à 6 mois des WMP, et celle plus longue des prêts sous-jacents alimentent les tensions sur le marché interbancaire, avec un fort besoin de liquidités lorsque les produits arrivent à terme, qui se rajoute au besoin traditionnel de fin de période réglementaire (constitution des réserves obligatoires, paiement d’impôts des entreprises…). Le taux Shibor à 7 jours est revenu hier à 4,65%, après avoir atteint 6,36% une semaine plus tôt.
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