«Nous restons surpondérés sur le high yield européen»
L’Agefi : Le début d’année démarre fort pour les émissions obligataires notamment high yield. La tendance va-t-elle se poursuivre?
Julien Daire : Comme attendu, l’appétit des investisseurs pour la classe d’actif ne tarit pas en dépit de la baisse du rendement offert. Dans ce contexte, malgré un volume de primaire très important (2 milliards émis sur le high yield), il ne suffit pas à compenser la forte demande. A court terme, hors risques politiques, le mouvement devrait se poursuivre. D’une part, les liquidités abondantes fournies par les banques centrales devraient continuer à maintenir des taux bas et ainsi alimenter la recherche de rendement. D’autre part, les pare-feux européens (ESM/OMT) devraient contenir le risque souverain et limiter ainsi le risque systémique.
N’y a-t-il pas un risque de surchauffe?
Le risque d’exagération existe, le marché du crédit n’étant pas connu pour sa modération. Cependant, nous ne sommes pas encore dans une situation de bulle. En effet, même s’ils sont en légère dégradation, les fondamentaux des émetteurs high yield restent bons avec un levier contenu (4,7 fois pour les émetteurs notés B d’après Moody’s). De plus, les émetteurs n’ont pas de problème de refinancement. Enfin, le marché surrémunère toujours les taux de défaut qui, bien qu’attendus en légère augmentation (environ 3% en 2013), restent inférieurs à la moyenne de long terme. Nous restons surpondérés sur le high yield européen en particulier qui offre aujourd’hui un surcroît de rendement par rapport au high yield américain. Hors chocs politiques en Europe ou aux Etats-Unis, nous devrions garder cette position tant que les valorisations rémunèrent le risque de défaut.
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