« Nous ne prenons aucune position à taux fixe actuellement »
L’Agefi : Dans le Panel d’avril, CCR AM a abandonné son exposition au crédit à «sous-pondérer» pour passer à «neutre». Pour quelles raisons?
Frédéric Penel: Depuis l’été 2010, le marché du crédit a du mal à s’inscrire franchement dans une dynamique positive. L’indice iTraxx Main Europe oscille autour de la barre des 100 pb sans réellement parvenir à la casser. A l’inverse, il a bien résisté à une série d’événements difficiles au premier trimestre 2011: crise des pays périphériques, approche des stress tests bancaires, accident nucléaire japonais. Nous en prenons acte et, dans une vision court-termiste, nous considérons que la recherche du rendement qui s’exprime à nouveau équilibrera les effets de ces menaces, ainsi que ceux de la hausse des taux qui s’amorce. Enfin, le contexte macro-économique continue à s’éclaircir progressivement en Europe et aux Etats-Unis, où la croissance se consolide, aves des disparités régionales fortes et sans avoir encore effacé les conséquences de la crise.
Dans ce contexte, quelle classe d’actif jouez-vous?
Alors que la BCE vient d’entériner cet état de fait en relevant ses taux directeurs, nous privilégions systématiquement les flotteurs [obligations à taux variables, ndlr] depuis plusieurs mois. Nous ne prenons même aucune position à taux fixe actuellement, les titres acquis sont toujours couverts par des swaps. De plus, le secteur bancaire nous semble plus attractif que les autres secteurs corporates: ses problèmes sont, sinon dépassés, du moins maîtrisés, et les spreads offerts restent bien souvent supérieurs à ceux d’autres émetteurs qui sont pour la plupart moins bien notés. Les performances dégagées ces derniers jours par les titres subordonnées montrent d’ailleurs que cette analyse est partagée.
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