Natixis attend de meilleures conditions de marché pour lancer l’IPO de Coface
Coface est dans l’antichambre de sa prise d’indépendance. Lors de la présentation de ses résultats 2012 qui s’est tenue hier, son directeur général, Jean-Marc Pillu, a indiqué que «Natixis et Coface sont prêts» pour une introduction en Bourse de la filiale non stratégique de BPCE, mais restent suspendus à de meilleures conditions de marché. Jean-Marc Pillu a précisé que grâce à un programme de titrisation lancé l’an dernier, qui a permis à l’assureur crédit de lever 1,1 milliard d’euros, et une émission de billets de trésorerie de 250 millions, le groupe dispose actuellement d’une autonomie de financement vis-à-vis de Natixis d’environ 80% de ses besoins.
En 2012, le ralentissement de l’activité en Europe de l’Ouest, où Coface enregistre une hausse modérée de ses primes de 2,4%, et surtout en Europe du Nord, où elles ont chuté de 11,8%, a été compensé par une forte accélération de l’activité dans les pays émergents, qui représentent aujourd’hui un tiers des ventes du groupe. Les primes perçues ont ainsi progressé de 20,1% dans la région Asie-Pacifique, de 18,5% en Amérique Latine et de 14,2% aux États-Unis. De quoi voir son chiffre d’affaires global progresser de 1,4%, à 1,57 milliard d’euros, dont 1,15 milliard de primes.
Le groupe a profité d’une hausse des encours bruts de 3,5% à 416 milliards d’euros, ainsi que de la poursuite de la politique de stricte maîtrise des coûts pour voir son résultat net hors coûts de restructuration progresser de 6,6% en 2012, à 129 millions d’euros. Le ratio combiné net de réassurance s’est amélioré à 82,2%, contre 82,7% en 2011, grâce notamment à une baisse conjuguée des ratios de sinistres à primes à 56,7%, et de coûts à primes de 2,2 points sur deux ans, à 25,5%. Les fonds propres ont été renforcés de 8,7%, à 1,78 milliard d’euros dans l’optique des négociations engagées avec l’ACP pour le respect des règles de Solvabilité 2.
Pour l’année 2013, Coface anticipe une zone euro qui reste en légère récession de 0,1%, mais un rebond de la croissance à 5,3% dans les pays émergents. «Cela signifiera pour les entreprises davantage de fragilité et moins de débouchés», ajoute le groupe, noté A2 et AA- par Moody’s et Fitch avec des perspectives stables. Dans ce contexte, Jean-Marc Pillu indique qu’il compte augmenter ses tarifs dans les pays enregistrant une hausse de la sinistralité, soit principalement l’Europe.
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