Meridiam signe ses premiers pas dans les infrastructures africaines
Annoncé l’été dernier, le fonds Afrique de Meridiam prend forme. Premier véhicule dédié aux infrastructures du continent lancé par un gestionnaire français, il a remporté récemment trois marchés publics. Meridiam participe à la reprise de deux aéroports de Madagascar qui seront gérés par ADP et rénovés par Bouygues et Colas pour 120 millions d’euros. L’ancienne filiale infrastructures du Crédit Agricole accompagne aussi Eiffage dans la construction d’une université à 150 millions d’euros en Côte d’Ivoire.
«Nous sommes le plus souvent possible majoritaires dans le financement de ces partenariats public-privé où nous injectons entre 30 et 50 millions de fonds propres, et avec parfois un co-investissement en direct de nos grands clients institutionnels», dévoile à L’Agefi Thierry Déau, président de Meridiam. La société de gestion revendique près de 2 milliards d’euros déjà investis en Europe et aux Etats-Unis. Toujours en cours de levée, son fonds Afrique vise une taille de 300 millions d’euros pour financer 8 à 10 projets de 300 à 500 millions d’euros (dette comprise).
Le troisième projet remporté par Meridiam est un parc solaire au Sénégal, construit par le français Solairedirect avec le soutien de Fonsis, le fonds souverain du pays. «Nous souhaitons passer des accords avec des fonds souverains africains qui n’ont pas forcément beaucoup de moyens pour investir et souhaitent développer leur expertise. De notre côté, nous bénéficions de leur présence locale et assurons la protection de nos intérêts, alignés avec ceux des gouvernements», explique Thierry Déau qui travaille aussi avec le fonds gabonais et discute avec deux acteurs publics d’Afrique du Sud.
Meridiam a besoin de garanties. «Contrairement à la plupart des fonds dédiés à l’Afrique qui interviennent au moment du bouclage des financements, nous nous positionnons dès le montage des projets», assure son patron. Le fonds Afrique est géré par huit personnes à Paris, et deux bureaux devraient ouvrir sur le continent pour suivre les chantiers puis l’exploitation des sites.
Dans un marché moins sûr qu’en Europe, «notre fonds Afrique vise une rentabilité brute de 15 à 20% sur ses quinze ans de durée de vie, après coûts liés à la gestion du risque (frais d’intelligence économique, assurance crédit…)», explique Thierry Déau. Malgré le faible rendement attendu, le fonds bénéficie déjà de 40 millions d’euros apportés par Allianz, 30 millions par Skandia et 30 millions par la Banque européenne d’investissement.
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