Londres s’attaque encore à la fiscalité des banques
La présentation hier d’un premier budget 100% conservateur depuis près de 20 ans promettait quelques surprises. Et de toute évidence, les banques n’ont pas été oubliées. Décriée par le secteur dans son ensemble, la taxe bancaire (bank levy), introduite en janvier 2011 en réponse à la crise financière, va finalement être révisée. Son taux passera donc de 0,21%, calculé sur le bilan global des banques opérant au Royaume-Uni à 0,18% au 1er janvier 2016, puis 0,17% en 2017, 0,16% en 2018, 0,15% en 2019, 0,14% en 2020, puis 0,10% en 2021.
Le chancelier de l’Echiquier George Osborne a ensuite promis qu’après cette date, cette taxe ne s’appliquerait plus aux bilans à l’international. De quoi réjouir HSBC, première banque européenne par la taille de ses actifs. Cette dernière avait en effet clairement indiqué que la taxe bancaire serait prise en considération dans sa décision de maintenir ou pas son siège social au Royaume-Uni. La direction doit trancher sur cette question d’ici à la fin de l’année.
Cette réduction de la taxe bancaire au cours des six prochaines années va cependant être compensée par une surtaxe à hauteur de 8% sur les profits de ces mêmes établissements bancaires à compter du 1er janvier 2016. Les 25 premiers millions de livres de profits seront exemptés de cette surtaxe, selon un document du gouvernement.
Devant cette modification de la taxation, l’association des banques outre-Manche (BBA) n’a pas caché son vif mécontentement : «Cette surcharge constitue le cinquième nouvel impôt dédié spécifiquement aux banques au cours de ces dernières années et fait suite à une importante augmentation de la ‘bank levy’ en mars dernier», a expliqué Anthony Browne, directeur général de la BBA. Selon l’association, les dernières modifications sur la taxe bancaire associées à l’introduction de la surtaxe de 8% vont conduire les banques outre-Manche à s’acquitter de 1,7 milliard de livres d’impôts supplémentaires au cours des six prochaines années. Pour le directeur général de la BBA, il est donc impératif que le gouvernement britannique lance une étude stratégique sur la taxation du secteur «de manière à s’assurer que le Royaume-Uni reste bien un endroit compétitif pour les banques».
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Washington - Donald Trump a annoncé une opération à partir de lundi pour débloquer des navires coincés depuis deux mois dans le Golfe et évoqué des discussions «très positives» avec l’Iran, qui a soumis un plan en 14 points pour résoudre le conflit avec les Etats-Unis. Avec un changement de ton radical par rapport à la veille, le président américain, qui a déclenché les hostilités contre l’Iran le 28 février avec Israël, a évoqué dimanche soir «un geste humanitaire» et de «bonne volonté», au moment où des discussions semblent se concrétiser entre Washington et Téhéran par l’intermédiaire du Pakistan. A partir de lundi matin heure locale, la marine américaine escortera au travers du détroit d’Ormuz des navires de pays «qui n’ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient», a annoncé Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Il a toutefois averti que si cette opération, baptisée Project Freedom («Projet Liberté»), devait être entravée par l’Iran, cela «devrait malheureusement être traité par la force». Depuis le début des hostilités, l’Iran bloque le détroit d’Ormuz, par lequel transite d’ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Washington a répliqué début avril en bloquant à son tour les ports iraniens. Le nombre de navires commerciaux présents dans le Golfe s'élevait à 913 le 29 avril, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de navires gaziers, a indiqué jeudi l’entreprise spécialisée dans le suivi maritime AXSMarine. Quelque 20.000 marins seraient concernés, selon un haut responsable de l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO. «Beaucoup de ces navires subissent des pénuries de nourriture et de tout ce qui est nécessaire pour permettre aux équipages de rester à bord de façon saine», a souligné Donald Trump. Encore vendredi, son administration avait mis en garde les navires qui paieraient les autorités de Téhéran pour passer le détroit d’Ormuz, les avertissant qu’ils s’exposaient à des sanctions. Le blocage du détroit a fait flamber les cours du pétrole au plus haut depuis 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les prix se replient lundi à la reprise des échanges sur les marchés asiatiques, avec un baril de Brent, la référence mondiale, en baisse d’environ 1,5% autour de 106 dollars, bien loin des 126 dollars dépassés jeudi. «Je peux vous dire que nous sommes en train d’asphyxier le régime, qu’ils ne sont plus en mesure de payer leurs soldats», a assuré le ministre américain au Trésor, Scott Bessent, en référence au blocus des ports iraniens. «Au cimetière» Depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, Téhéran a instauré de facto des droits de passage pour franchir le détroit. Un conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei a encore menacé dimanche de couler des navires de guerre des Etats-Unis et d’envoyer leurs forces «au cimetière», qualifiant Washington de «pirate». La situation entre les deux pays est bloquée depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes israélo-américaines sur l’Iran et de représailles de Téhéran dans la région. Entre le détroit d’Ormuz et le volet nucléaire, les points de discorde restent si importants que les efforts pour relancer les négociations ont échoué, malgré une première rencontre directe au Pakistan le 11 avril. Pour redonner une chance aux discussions, Téhéran a soumis une nouvelle proposition à Washington, qui y a répondu, a indiqué dimanche la diplomatie iranienne. «La partie américaine (...) a transmis ses points de vue à la partie pakistanaise; nous examinons cela et formulerons la réponse appropriée», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. Donald Trump avait affirmé samedi qu’il allait étudier la proposition, sans pouvoir imaginer qu’elle soit «acceptable». Le président américain doit choisir entre «une opération militaire impossible ou un mauvais accord avec la République islamique», ont rétorqué les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique iranienne. Selon l’agence Tasnim, Téhéran réclame dans son plan en 14 points: le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus des ports iraniens et du gel des avoirs du pays, le financement de réparations, la levée des sanctions, un «mécanisme» concernant le détroit d’Ormuz et «la fin de la guerre sur tous les fronts y compris au Liban». Le dossier nucléaire ne figure apparemment pas dans le plan, or il s’agit d’une question centrale pour les Etats-Unis et Israël, qui accusent l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique - ce que l’intéressé dément. Sur le front libanais, après avoir de nouveau appelé des localités du sud du pays à évacuer, Israël a mené des frappes qui ont fait un mort et blessé huit personnes, dont quatre secouristes, a annoncé le ministère libanais de la Santé. les bureaux de l’AFP à Téhéran et Washington © Agence France-Presse -
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