L’Italie navigue à vue avec son plan d’austérité
Depuis que le gouvernement italien a adopté en toute urgence un correctif budgétaire de 45,5 milliards d’euros le 12 août afin de rassurer les marchés en pleine tourmente boursière, les polémiques ne cessent d’enfler, alors que le décret est en discussion au Parlement. Toute la journée se sont ainsi poursuivies, jeudi, des réunions au sein de la majorité de droite pour tenter de trouver une ligne commune sur les modifications à porter à ce train de mesures budgétaires contestées de toutes parts.
Dans la version remaniée proposée hier, la principale nouveauté concerne le durcissement des normes contre l’évasion fiscale qui pourra aller jusqu’à des peines de prison au-delà du seuil de 3 millions d’euros non déclarés. Dans cet esprit, les collectivités locales pourront publier sur leur site en ligne la déclaration de «certaines catégories de contribuables et de revenus». Les contribuables italiens devront également indiquer sur leur déclaration d’impôts le nom de leur banque. Enfin, l’impôt sur les sociétés non opérationnelles, comme les sociétés prête-noms, devrait augmenter de 10,5%.
L’opposition, sur le pied de guerre, dénonce la confusion de ce plan d’austérité. A droite, plusieurs secteurs de la majorité continuent de contester eux aussi ces mesures. «Ces nouveaux textes sont absolument insatisfaisants et inacceptables», a ainsi fustigé le maire de Rome Gianni Alemanno. Pour calmer le jeu, le gouvernement a prévu de reverser la taxe sur les contributions financières uniquement aux collectivités locales. Mais la grogne persiste. Après avoir annoncé lundi une mesure restrictive sur les retraites, le chef du gouvernement Silvio Berlusconi avait fait marche arrière mercredi, cédant aux pressions de la Ligue du Nord, s’opposant à toute diminution des pensions.
En revanche, le retrait, annoncé lui aussi lundi, de la «contribution exceptionnelle de solidarité» a quant à lui été maintenu. Cette taxe, qui visait les hauts revenus dépassant les 90.000 euros annuels, constituait l’une des mesures phares du plan budgétaire. Son retrait ainsi que plusieurs autres modifications intervenues ces dernières semaines, telle la réduction des coupes imposées aux collectivités locales, ont dénaturé totalement le décret budgétaire initial et contraint le gouvernement à trouver d’autres solutions pour compenser le manque à gagner.
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