L’Italie compte sur la bienveillance de Bruxelles en matière budgétaire
Le gouvernement français, qui devrait présenter son programme de stabilité demain, n’est pas le seul à espérer la bienveillance de la Commission européenne lorsqu’elle se penchera sur ses comptes publics. L’exécutif italien, qui a confirmé une baisse d’impôts de 10 milliards d’euros vendredi dernier, espère aussi obtenir un an de plus que prévu pour redresser ses finances publiques.
Rome compte «dévier temporairement de ses objectifs budgétaires» en raison de «circonstances exceptionnelles», a expliqué le ministre de l’Economie et des Finances italien dans la présentation de son programme de stabilité à Bruxelles la semaine dernière. En l’occurrence, le gouvernement a décidé d’accélérer le paiement d’arriérés alors que le pays a connu une «sévère récession».
Après s’être replié de 2,5% en 2012, le PIB a reculé de 1,9% l’année dernière. Avec une hypothèse de croissance de 0,8% cette année et de 1,3% l’année prochaine, le programme de stabilité italien prévoit désormais d’atteindre l’équilibre budgétaire en termes structurels en 2016. Le déficit sera ramené à 2,6% du PIB en 2014 (contre 2,5%) et 1,8% du PIB (contre 1,6%) en 2015.
La dette devrait quant à elle atteindre 134,9% du PIB cette année, avant de commencer à décroître lentement l’année suivante, à 133,3% du PIB en 2015. L’excédent primaire continuera de croître à 2,6% en 2014 et 3,3% l’année suivante. La Commission ne se prononcera sur cette trajectoire budgétaire et les réformes mises en œuvre par le premier ministre Matteo Renzi qu’en juin.
Celui-ci a décidé de baisser les impôts sur les revenus des plus modestes de 10 milliards d’euros dès le mois de mai. Cette baisse sera notamment financée par un tour de vis sur les dépenses publiques et une augmentation de la taxation des banques. «L’impact à long terme sur la compétitivité de l’économie italienne serait plus important si les entreprises bénéficiaient des mesures d’assouplissement fiscal», écrivait l’économiste de Barclays Fabios Fois mi-avril.
La compétitivité de l’économie italienne est aussi surveillée de très près par la Commission dans le cadre de son contrôle des déséquilibres macroéconomiques. En mars, elle s’était inquiétée, outre du niveau d’endettement très important de l’Italie, de sa «productivité stagnante» et des coûts du travail croissants. Elle déplorait aussi le manque de dynamisme des exportations, dû à une «spécialisation peu favorable».
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