L’Italie applique une taxe sur les transactions financières décriée
Dans la tourmente provoquée par les élections législatives italiennes, l’évènement est passé inaperçu. Il pourrait cependant vite faire sentir ses effets sur la Bourse de Milan. L’Italie va prélever à compter de ce jour sa propre taxe sur les transactions financières (TTF). Un décret du ministère de l’Economie du 21 février en a fixé les modalités d’application.
La TTF couvrira les achats d’actions d’émetteurs italiens, à des taux respectifs de 0,12% et de 0,22% cette année pour les transactions réalisées sur un marché réglementé ou de gré à gré, puis de 0,1% et 0,2% en 2014. Les produits dérivés seront soumis à un prélèvement fixe. Quant au trading haute fréquence, il acquittera une taxe de 0,02% dès lors que la proportion d’ordres envoyés par un opérateur mais non exécutés dépassera 60% du total.
Comme sa version française, la taxe italienne prévoit de nombreuses exceptions: les capitalisations inférieures à 500 millions d’euros (un milliard en France), le primaire actions, les investissements des institutions de prévoyance et des fonds de pension, et le market making. En revanche, les contracts for difference (CFD) seront couverts, de même que les opérations de couverture de ces instruments, qui permettent en France de contourner la taxe: dans l’Hexagone, banques et courtiers ont vendu à leurs clients institutionnels des swaps ou des CFD et acheté eux-mêmes le sous-jacent actions. «Contrairement à la France, l’Italie a décidé d’intégrer la tenue de marché dans le champ de la taxe. Nous nous attendons à voir des baisses de volumes très importantes sur les valeurs italiennes», estime Pierre Antoine Dusoulier, président de Saxo Banque France.
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