L’Europe tente de rompre le lien entre les risques souverain et bancaire

La recapitalisation directe des banques par le Mécanisme européen de stabilité ramènerait les ratios de dette espagnols ou irlandais à des niveaux plus supportables
Alexandre Garabedian

C’est l’une des bonnes surprises du sommet européen des 28 et 29 juin. L’Union européenne a décidé que le Mécanisme européen de stabilité (MES) «pourrait, à la suite d’une décision ordinaire, avoir la possibilité de recapitaliser directement les banques». A terme, le contribuable européen assumera donc en direct le sauvetage d’une banque, sans bénéficier comme aujourd’hui de la garantie de l’Etat d’origine de l’établissement aidé, mais il fallait en passer par ce sacrifice pour rassurer les marchés.

«C’est un pas significatif pour casser le lien entre un système bancaire national et le souverain», se réjouissaient vendredi les économistes de Citigroup. L’Espagne en sera la première bénéficiaire. L’aide reçue pour renflouer son système bancaire, proviendra du Fonds européen de stabilité financière (FESF), puis sera à terme transférée au MES sans que ce dernier n’ait un rang de créancier prioritaire, comme l’indiquait L’Agefi le 28 juin.

L’aide ne viendrait donc pas gonfler la dette espagnole. Un soutien de 100 milliards d’euros représentait environ 9 points de dette sur PIB en plus. L’Irlande, dont la dette atteint 116% du PIB, peut aussi espérer en profiter. «L’Eurogroupe examinera la situation du secteur financier irlandais en vue d’améliorer encore la viabilité du programme d’ajustement, qui donne de bons résultats, indique le communiqué publié vendredi matin. Les cas similaires seront traités de la même façon».

Dublin espère regagner un accès au marché fin 2013, et a estimé vendredi qu’une révision des conditions du sauvetage d’Anglo Irish Bank, qui a coûté à lui seul 20 points de PIB, est désormais possible. Le taux irlandais à 9 ans s’est détendu de 65 points de base à 6,16%.

Le constat pourrait aussi s’appliquer à la Grèce. «La mention des ‘cas similaires’ ouvre la porte à une baisse de 25 points du ratio de dette/PIB de la Grèce si les fonds reçus de la Facilité européenne de stabilité financière pour la recapitalisation des banques ne transitent plus par les comptes publics», souligne Paul Mortimer-Lee, économiste de BNP Paribas.

Comme dans tout sommet européen, il faudra cependant patienter. La recapitalisation directe de banques par le MES, sans doute après un vote à l’unanimité, sera seulement possible «lorsqu’un mécanisme de surveillance unique, auquel sera associée la BCE, aura été créé pour les banques de la zone euro». A priori pas avant 2013.

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