L’Europe du Nord fait bloc contre Alexis Tsipras
Une réduction du montant de la dette d’un Etat n’est pas possible dans le cadre des règles européennes en matière d’aide financière, a déclaré mardi Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, à son arrivée à une réunion de l’Eurogroupe présentée comme cruciale pour l’avenir de la Grèce au sein de la zone euro avant le sommet extraordinaire des chefs d’Etat ce soir. Interrogé sur la possibilité que la Grèce reste au sein de la zone euro, Wolfgang Schäuble a répondu que cela dépendait du gouvernement grec. L'élite grecque a pillé le pays pendant des années et les Européens se sont contentés de la regarder faire, a affirmé pour sa part mardi le ministre allemand de l’Economie, Sigmar Gabriel.
La tonalité de ces propos fait écho à ceux des ministres des Finances slovaque et letton. Le premier, Peter Kazimir, s’est dit «personnellement sceptique qu’un accord puisse être trouvé». Le second, Janis Reirs, assuré que «le peuple letton ne comprend pas le peuple grec», en rappelant les sacrifices consentis par la Lettonie pour entrer dans l’euro. Il s’est cependant dit contre un Grexit et disposé au compromis. La zone euro n’envisage pas pour l’instant d’accorder un prêt relais à la Grèce, a précisé le ministre finlandais des Finances, Alexander Stubb, à son arrivée à une réunion de l’Eurogroupe, alors qu’Alexis Tsipras pourrait demander une rallonge de 7 milliards d’euros à ses partenaires.
La Commission européenne travaille à la réouverture des négociations avec la Grèce, a déclaré mardi matin le président de l’institution, Jean-Claude Juncker, à quelques heures d’un sommet de la zone euro à Bruxelles. «La balle est maintenant dans le camp du gouvernement grec», a-t-il dit devant les députés réunis à Strasbourg, en réaffirmant qu’il ne souhaitait pas voir la Grèce contrainte de sortir de la zone euro ou de l’Union européenne. «L’heure est venue de se retrouver autour de la table de négociations. On ne quitte pas la table de négociations. On ne quitte pas la table, ce qu’ont fait les Grecs, ce qui a été une erreur», a continué le président de la Commission européenne.
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