L’Eurogroupe n’exclut aucune option dans le sauvetage financier de Chypre
Le nouveau président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, n’a pas explicitement écarté l’éventualité que les détenteurs de titres de dette chypriote et les titulaires, chypriotes et étrangers, d’un compte dans des banques chypriotes essuient des pertes dans le cadre du sauvetage financier de l’île. «Nous sommes en train d’étudier tous les éléments» qui pourraient être intégrés dans le plan d’aide, a-t-il déclaré de manière évasive, lundi 11 février.
Le commissaire chargé de l’euro, Olli Rehn, a souligné que l’objectif de la Commission européenne était de garantir «un partage équitable du fardeau financier» lié au sauvetage de Chypre. Il a affirmé que ses services n’étaient pas à l’origine d’un document, cité par le Financial Times, évoquant une participation privée afin de remettre la dette chypriote sur une trajectoire soutenable. Le ministre chypriote des Finances, Vassos Shiarly, a catégoriquement exclu que les épargnants soient mis à contribution. Cette hypothèse a certes été évoquée mais elle serait contraire à la constitution du pays, a-t-il ajouté. Et d’espérer que les futurs revenus gaziers de Chypre pourront contribuer à rendre viable la dette publique de son pays.
Reprenant à leur compte une requête allemande, les ministres ont réclamé un audit financier indépendant sur le respect par Chypre des règles en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. Après que l’existence de ces règles aura été établie, un «acteur tiers» sera nécessaire pour vérifier qu’elles sont appliquées, a considéré le ministre français de l’Économie, Pierre Moscovici. Il a souligné l’importance de mettre au point un programme d’aide «complet» qui comprenne des mesures pour la croissance, la viabilité des finances publiques chypriotes et la réduction du poids du secteur financier dans l’économie. Si l’audit indépendant identifie des lacunes, le plan de sauvetage inclura des mesures correctives spécifiques. Une décision politique sur le sauvetage de Chypre n’interviendra qu’en mars, une fois le nouveau gouvernement chypriote en place.
Sur les modalités de la recapitalisation directe par le Mécanisme européen de stabilité (MES), l’Eurogroupe reconnaît que le partage du fardeau financier, entre les échelons national et européen, évoluera en fonction du temps. D’ici à juin, il planchera sur la fixation d’un plafond financier dédié à la recapitalisation bancaire directe afin de préserver la diversité de la capacité d’intervention du MES ainsi que sa notation financière. La participation du secteur privé à la recapitalisation bancaire sera aussi envisagée.
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