«L’euro pourrait passer en dessous du seuil de 1,20 dollar d’ici à la fin de l’année»
- L’Agefi: Le yen a chuté depuis le début de l’année en raison d’une politique agressive de la BoJ. Qu’anticipez-vous?
- Jean-Louis Mourier: L’anticipation d’une politique ouvertement destinée à provoquer une dépréciation du yen comme outil de sortie de déflation a joué un rôle important dans la dépréciation supplémentaire de la devise depuis le début de l’année. Ce mouvement est toutefois la poursuite de la tendance initiée au milieu de l’année dernière. Il résulte par conséquent, aussi, de la perte du rôle de valeur refuge du yen dans un contexte où les risques sont jugés en baisse par les investisseurs. Cette dernière phase ne va pas durer toute l’année. Lorsqu’elle perdra de l’importance, le yen pourrait continuer à se déprécier, mais plus lentement face au dollar. Il pourrait au contraire s’apprécier quelque peu face à l’euro, notamment dans un contexte où la situation économique restera plus dégradée sur le Vieux Continent qu’au Japon.
- Certains responsables européens se sont inquiétés du niveau élevé de l’euro. Comment le voyez-vous évoluer ?
- A l’inverse du yen, l’euro bénéficie depuis l’été dernier de l’évolution de la perception des risques par les investisseurs. Sa pérennité semblant désormais assurée par la volonté de la BCE et des responsables politiques européens, il s’apprécie donc globalement. Le retour à la prise en considération de déterminants plus «habituels» des mouvements de taux de change devrait le conduire à baisser face au dollar dans le courant de l’année. Il pourrait retrouver, en décembre prochain, ses plus bas du début de l’été dernier, voire passer en dessous du seuil de 1,20 dollar.
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