L’Espagne ne cesse d’accroître le montant de ses emprunts
A ce rythme, l’Espagne dépassera bientôt l’Allemagne au rang des émetteurs de dette souveraine en zone euro. Le programme de financement du Trésor espagnol, détaillé dans le projet de budget 2014 transmis hier par le gouvernement Rajoy au Congrès, prévoit l’émission de 141 milliards d’euros de dette à moyen et long terme l’an prochain. En y ajoutant les émissions de bons du Trésor ainsi que d’autres instruments, ce sont 244 milliards d’euros que l’Espagne devra aller chercher sur les marchés pour financer ses besoins.
Le programme à moyen et long terme ne cesse d’enfler. Celui de 2013, quasiment réalisé à 90%, prévoyait autour de 120 milliards d’euros d’émissions. En 2012, les émissions brutes avaient atteint 113 milliards, en excluant le prêt de 39 milliards reçu du Mécanisme européen de stabilité pour recapitaliser le secteur bancaire. Net des tombées de dette à refinancer, le programme 2014 supposera un accroissement de 73 milliards d’euros de la dette publique espagnole. Celle-ci devrait frôler les 100% fin 2014, selon les projections du Trésor, contre 94,2%% attendus fin 2013. Le ratio a crû de plus de 50 points depuis 2007, témoignant de la profondeur de la crise économique et financière en Espagne.
A 141 milliards d’euros, le programme moyen long terme de Madrid s’approchera dangereusement de celui de l’Allemagne. Berlin doit émettre 183 milliards d’euros cette année, mais devrait se contenter de 150 milliards en 2014, selon les estimations des stratégistes taux de RBS. La France a annoncé la semaine dernière un programme indicatif de 174 milliards. L’Italie conserve la palme en zone euro, en raison du poids des tombées de dette, avec un programme estimé à 238 milliards en 2014 par RBS.
L’Espagne se caractérise aussi par sa dépendance au financement court terme. Elle devrait émettre 93,1 milliards de letras l’an prochain, soit une hausse de 2 milliards du stock de bons du Trésor. La part du court terme devrait cependant retrouver l’an prochain le poids qui était le sien dans la période 2002-2007, autour de 11% du total de la dette. Le Trésor envisage enfin de boucler son programme avec 7 milliards de dette libellée en devises étrangères ou via «d’autres instruments» si l’occasion s’en présente.
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