L’Esma tente de résoudre les différends avec les Etats-Unis sur les dérivés
Le régulateur européen des marchés (Esma) a fait un pas en direction de son homologue américain (la CFTC) qui pourrait mettre fin aux débats acharnés sur la régulation des produits dérivés. L’Esma a publié une consultation dans laquelle elle propose de s’aligner sur les textes américains en matière de règles pour la compensation des dérivés listés.
Depuis des mois, Américains et Européens sont divisés sur le montant des marges qui doivent être envoyées à la chambre de compensation (CCP), pour qu’en cas de défaut d’une contrepartie, elle soit couverte le temps de la liquidation des positions de l’acteur défaillant (période de liquidation). La régulation américaine prévoit que les membres des chambres leur fassent parvenir, pour le compte de leurs clients, des marges pour couvrir les risques encourus par la CCP pendant une période de liquidation d’un jour. Ces marges sont calculées, en brut, sur la base des positions de chaque client. Dans le modèle européen, les marges envoyées à la CCP sont calculées sur la base d’une période de liquidation de deux jours, mais, au choix, à partir de l’exposition brute ou nette des clients.
Dans sa consultation, l’Esma propose d’accepter une période de liquidation d’un jour lorsque les marges sont calculées en brut, comme aux Etats-Unis. S’il était confirmé par l’Esma et approuvé par la Commission, ce changement constituerait un rapprochement sur un point de débat important entre les Etats-Unis et l’Europe. La Commission n’a pas à ce jour estimé que la régulation américaine pour les CCP était équivalente à celle de l’Europe. Dans l’hypothèse où les chambres de compensation américaines ne seraient pas reconnues comme compatibles avec la régulation européenne sur les dérivés, leurs utilisateurs européens pourraient donc se voir appliquer des charges en capital très lourdes.
La proposition de l’Esma pourrait aider l’Europe à reconnaître la régulation américaine comme équivalente. «On sortirait enfin de l’impasse sur la reconnaissance des CCP, ce qui est important car cela lève la menace des surcharges prudentielles punitives», explique Eric Litvack, responsable de la stratégie réglementaire à la Société Générale. La nouvelle ne serait cependant pas du goût de toutes les CCP : «Ce serait un nivellement par le bas en termes de couverture du risque», réagit Pierre-Dominique Renard, directeur exécutif de la chambre, LCH.Clearnet SA. Par ailleurs, «il y aurait une distorsion de concurrence aux dépens des chambres européennes».
Plus d'articles du même thème
-
Kevin Warsh appelle à un «changement de régime» à la Fed
L’audition devant la Commission bancaire du Sénat du candidat choisi par Donald Trump pour présider la Fed après le 15 mai a été animée mardi. Elle a confirmé que sa nomination officielle devrait être retardée en raison du différend concernant l’enquête pénale visant Jerome Powell, que le sénateur républicain Thom Tillis considère comme une attaque contre l’indépendance de la banque centrale. -
Les actions chinoises tirent leur épingle du jeu
Les places boursières chinoises, qui ont rattrapé leur baisse de mars, s’imposent comme les gagnantes de la situation au Moyen-Orient. La Chine est moins vulnérable au choc énergétique et elle tire profit de son investissement dans l’innovation. -
L’agence S&P Global Ratings affine encore sa notation des «covered bonds»
Cette nouvelle révision devrait avoir des impacts positifs pour les produits dont la notation peut être supérieure à celle de l’Etat d’émission. -
FDJ United revoit à la baisse ses ambitions pour 2026
L'entreprise justifie le recul de ses revenus au premier trimestre notamment par l'alourdissement de la fiscalité sur les jeux. -
Les taux britanniques poursuivent leur ascension
Les rendements des Gilts 10 ans ont pris 20 points de base en deux jours sur fond de crise politique, mais aussi de hausse des prix du pétrole et de crainte d’inflation. Les données d’emploi n’offrent pas de vision claire de la situation économique. -
BNP Paribas Banque Privée vise 190 milliards d'euros d’actifs confiés à l’horizon 2030
Arrivé en novembre dernier à la tête de l’activité de banque privée de BNP Paribas en France, Fabrice Bagne veut accélérer les synergies avec d’autres entités du groupe pour recruter de nouveaux clients.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Groupama AM va sensibiliser les étudiants d’HEC Paris à la gestion d’actifs
- UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- Stéphane Vonthron : «La qualité de l’écoute est clé pour un commercial»
Contenu de nos partenaires
-
Les fous de BaalbekLe Hezbollah observe les négociations libano-israéliennes « le doigt sur la gâchette »
La milice armée, alliée du régime de Téhéran, pourrait profiter de ce répit pour reconstituer ses forces -
Avec parcimonieSébastien Lecornu étend un peu ses aides face à l'envolée des prix du carburant
Le Premier ministre a annoncé avoir missionné ses ministres pour élargir les aides aux professions les plus touchées par l'augmentation des carburants. Les agriculteurs verront leur aide sur le gazole passer de 4 à 15 centimes par litre. Une aide est prévue pour près de 3 millions de grands rouleurs contraints d'utiliser leur voiture dans le cadre de leur profession -
Une fois, pas deux« Pas question de revivre un psychodrame » : le PS cherche comment éviter le piège du budget 2027
Vaccinés par les errements de l’année passée, les socialistes voudraient s’éviter le supplice d’une précampagne présidentielle polluée par des négociations à l’aveugle avec Sébastien Lecornu