Les taux monétaires devraient rester insensibles au remboursement des LTRO
En dépit du retour annoncé de liquidités à la Banque centrale européenne (BCE), les analystes ne croient pas à une remontée des taux monétaires. A partir du 30 janvier, les banques vont pouvoir rembourser chaque semaine l’argent qu’elles ont emprunté lors de l’opération de refinancement à trois ans (LTRO) de décembre 2011. Les remboursements de la deuxième LTRO de février 2012 débuteront le 27 février.
Pour les stratégistes de Société Générale CIB, les banques les plus solides devraient s’acquitter de leur dette, dans un environnement de retour d’appétit pour le risque. Elles peuvent se financer sur les marchés et l’assouplissement du ratio de liquidité à un mois de Bâle 3 leur donne plus de flexibilité. Cependant, «les remboursement des LTRO à trois ans ne devraient pas être suffisamment importants pour commencer à avoir un impact significatif sur l’Eonia», écrivent-ils. Le taux au jour le jour du marché monétaire européen est passé à 0,064% tandis que l’Euribor est à 0,20%.
Lors des première et seconde LTRO, 523 et 800 banques ont retiré respectivement 489 et 530 milliards d’euros. Aujourd’hui, les stratégistes de SG CIB estiment que la liquidité excédentaire est de 627 milliards d’euros. Or, «l’analyse historique suggère que l’Eonia commence à remonter lorsque la liquidité excédentaire tombe en dessous de 200 milliards d’euros». Ce niveau ne serait même pas atteint dans l’hypothèse où tous les établissements des pays «core» remboursent la BCE (350 milliards d’euros).
Les analystes de Morgan Stanley sont encore plus sceptiques sur une possible hausse de l’Euribor et de l’Eonia. Selon eux, ce dernier ne réagit que si la liquidité excédentaire est inférieure à 150 milliards d’euros. Les établissements ne rendraient qu’entre 100 et 200 milliards d’euros et les «banques italiennes et espagnoles qui ont représenté deux tiers de l’argent emprunté à la LTRO devraient rester largement dépendantes de la BCE étant donné leur accès restreint au marché».
Quant au marché interbancaire, il devrait rester déprimé «Si les banques devaient prêter, elles le feraient déjà aujourd’hui, car elles sont en large excédent de liquidités, réagit Patrick Jacq, stratégiste chez BNP Paribas. De toute façon, le marché interbancaire n’a jamais été la principale source de financement des banques». Le stratégiste table sur des remboursements de 80 à 100 milliards d’euros de la part d’une centaine de banques.
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