Les stress tests n’ont pas permis de prévenir la crise bancaire en Irlande
En juillet dernier, Bank of Ireland et Allied Irish Banks avaient passé sans encombre les stress tests européens qui évaluaient les éventuels besoins en fonds propres des banques dans un scénario extrême.
Pourtant, la crise du secteur bancaire irlandais vient de pousser l’Irlande à demander de l’aide à l’Europe et au FMI. Les règles fixées pour les stress tests n’ont pas donc permis d’anticiper l’aggravation de la situation des banques de l’île. Dès la publication des tests de résistance européens, des économistes avaient pointé des failles dans le procédé établi par le CEBS, le comité européen des contrôleurs bancaires.
D’abord, les stress tests européens se sont concentrés sur les exigences en capital. Les risques de liquidité n’ont donc pas été directement mesurés. Ensuite, les tests n’ont porté que sur la dette souveraine figurant dans les portefeuilles de trading et non dans les portefeuilles bancaires qui n’ont dès lors pas été décotés dans le cadre des tests. Selon une étude de Barclays en juillet dernier, en appliquant à la dette souveraine du banking book les mêmes décotes qu'à celle du portefeuille de trading, 22 établissements, dont Allied Irish Banks, sur 91 auraient échoué au test des 6% de ratio tier one. Pour les prochains stress tests qui seront menés à l’été 2011, le commissaire au marché intérieur Michel Barnier a récemment indiqué qu’il comptait sur une amélioration des méthodes.
Les hypothèses propres à chaque pays ont également été critiquées, en particulier sur les prix immobiliers. Toutefois, contrairement à la Grèce, les autorités irlandaises ne semblent pas avoir sous-estimé la chute des prix immobiliers en cas de scénario adverse. Elles ont tablé sur une chute de 17 % des prix sur l’immobilier d’entreprise et le résidentiel en 2010, un déclin plus marqué qu’en réalité. En revanche, les rendements de la dette souveraine se sont davantage tendus ces derniers mois que ne le prévoyaient les autorités irlandaises dans leur scénario extrême. Le taux à cinq ans devait atteindre 5,62% en 2011 alors qu’il a grimpé à 8,2% le 11 novembre et ressortait hier à 7,7%.
Enfin, la banque nationalisée Anglo Irish Bank, la plus en difficulté, n’a pas été soumise au test européen, alors que, dans le cadre du stress test irlandais mené en septembre dernier, la banque centrale a estimé les besoins de l’établissement à 34 milliards d’euros.
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