Les rendements des émergents sont plus stables que leurs performances
En dépit de leur récent rebond, les Bourses émergentes affichent depuis fin septembre 2010 un retard non négligeable par rapport aux marchés développés: il suffit d’observer que les premières font du surplace sur la période (+1,2% pour l’indice MSCI EM en dollars au 27 septembre) tandis que les marchés d’actions des pays développés (MSCI World) s’inscrivent en hausse de près de 44%. Seuls les marchés dits «frontières» - les pays disposant d’un marché financier bien établi mais dont la capitalisation et la liquidité sont inférieures à ceux des émergents plus matures du MSCI EM - font meilleure figure sous l’effet d’un rattrapage (+13%) qui pourrait s’accentuer.
La période actuelle est, il est vrai, marquée par de moindres perspectives de croissance des pays émergents, une dynamique de résultats moins favorable et des craintes liées au ralentissement du programme d’achat d’actifs de la Fed, avec ses effets collatéraux sur les marchés de dette et les devises émergentes. Mais la prudence recommandée ne doit pas être synonyme de défiance. Le retard des marchés émergents a en effet ramené les ratios cours / bénéfices moyens à des niveaux inférieurs de 10 fois les résultats attendus à horizon 12 mois, contre 13,7 pour les marchés développés. Les ratios moyens de cours / valeur nette comptable ne dépassent pas 1,5 contre une tendance de long terme autour de 2. Ainsi, alors que ces marchés sont traditionnellement perçus comme des marchés de croissance, ils pourraient bien devenir un terrain de jeu attractif pour les gérants «value». Ces derniers goûteront notamment à des rendements sur dividendes (3%, voire 4% pour les marchés frontières) qui se comparent fort bien à ceux des pays développés, la moyenne du MSCI World se situant aux alentours de 2,5%.
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