Les régulateurs assouplissent les exigences en collatéral pour les dérivés
Les régulateurs internationaux devraient être plus souples que prévu en matière de régulation des produits dérivés non compensés. Le Comité de Bâle et l’Organisation internationale des commissions de valeurs (Iosco), qui regroupe les autorités de marché, viennent de soumettre à commentaire jusqu’à mi-mars une nouvelle série de propositions à ce sujet.
Dans la lignée des G20, les régulateurs souhaitent que les opérateurs échangent du collatéral lorsqu’ils traitent des dérivés non standardisés. Ces actifs apportés en garantie doivent mitiger le risque en cas de défaut d’une contrepartie et encourager la compensation. Les dérivés non compensés représentent des centaines de milliers de milliards de dollars en montant notionnel et sont vus comme une source de risque systémique.
Le Comité de Bâle et Iosco ne veulent cependant pas fixer des règles trop sévères de peur qu’il n’y ait pas suffisamment d’actifs liquides pour satisfaire les besoins de collatéral et que le fonctionnement des marchés soit touché. D’autant que les banques devront déjà utiliser ces actifs pour respecter les règles de liquidité plus strictes avec Bâle 3.
Comme ils l’avaient déjà expliqué dans leur consultation de juillet, les régulateurs demandent aux entreprises financières et non financières d’importance systémique qui échangent des dérivés non compensés de poster à la fois des marges de variations au fil de l’eau et des marges initiales.
Pour ces dernières, ils proposent désormais d’instaurer un seuil de 50 millions d’euros. Si les marges initiales théoriquement requises sont inférieures à ce montant, les opérateurs en seront exemptés. Dans le cas contraire, ils devront au moins échanger la différence entre le montant des marges initiales théoriquement requis et le seuil de 50 millions. Selon l'étude d’impact menée en 2012 sur une quarantaine d’institutions financières, ce seuil permettrait de réduire les besoins de marges initiales par plus de deux, à 558 milliards d’euros contre 1.300 milliards d’euros en son absence.
Les régulateurs proposent aussi de mettre en œuvre la régulation progressivement pour en limiter les effets indésirables. Les opérateurs ne devront échanger des marges de variations qu’à partir de 2015 pour les contrats signés après le premier janvier. Quant aux marges initiales, elles ne seront obligatoires en 2015 que pour les plus gros opérateurs de dérivés non compensés. Les autres auront jusqu'à 2019 pour s’adapter.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed passe son tour, Jerome Powell aussi
La Réserve fédérale américaine maintient ses taux inchangés mais conserve un « biais accommodant ». Jerome Powell restera gouverneur de l'institution pour une durée indéterminée à la fin de son mandat de président. -
Les prix du gaz naturel européen redeviennent une préoccupation
Les cours de l’énergie ont à nouveau bondi mercredi après des informations selon lesquelles le président Donald Trump aurait demandé à ses conseillers de se préparer à un blocus prolongé de l’Iran. Un décalage d’un mois ne serait pas dramatique pour les prix du gaz européen. Un décalage de deux mois pourrait en revanche changer le calendrier de reconstitution des stocks, et causer un cercle vicieux pouvant ramener les cours TTF au-dessus de 100 euros/MWh. -
L'érosion des frais d'investissement s'accentue
Selon l’Autorité des marchés financiers, les coûts des placements poursuivent leur repli en 2025. Une dynamique portée par la gestion indicielle et la montée des acteurs à bas coût. -
Michelin confirme ses objectifs 2026
En dépit de facturations en recul au 31 mars, pénalisées par les changes, le fabricant de pneumatiques anticipe toujours une génération de cash-flow libre avant acquisitions supérieure à 1,6 milliard d'euros en 2026. -
Le Parlement change de braquet contre la fraude fiscale
Un accord trouvé en commission mixte paritaire ouvre la voie à un arsenal renforcé contre la fraude fiscale, et élargit les obligations déclaratives en matière de lutte anti-blanchiment à de nouveaux acteurs. -
Bitstack veut devenir le compte principal de ses clients
La fintech française, spécialisée dans l’épargne en bitcoin, veut offrir à ses clients dans les prochains mois un compte en euros avec un IBAN français. Elle a levé 15 millions de dollars en décembre dernier.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Action-réactionCéline Calvez (EPR) : « L’audiovisuel public sera une problématique incontournable de la prochaine présidentielle »
La députée macroniste, vice-présidente de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, revient sur le rapport de Charles Alloncle et dévoile la contribution que va déposer son groupe -
Fait minoritairePrésidentielle : les candidats s'inquiètent déjà de leur future majorité
Dans un entretien à l'AFP, Marine Le Pen estime qu'il serait préférable de gagner face à Edouard Philippe plutôt que Jean-Luc Mélenchon, pour revendiquer une victoire de choix et non de rejet. Une façon de jouer l'apaisement alors que certains craignent de ne pas disposer d'une majorité pour gouverner -
Vieille lune« Démarchandisation » : Boris Vallaud, marchand de rêves
Le rival d'Olivier Faure au PS, Boris Vallaud, tente de renouveler les idées de la gauche. Son concept de « démarchandisation » passe à côté de nombreux problèmes économiques et sociaux de la France