Les porteurs de Bund et d’OAT pourraient accuser des pertes en 2013
Les taux longs allemands, américains et ceux de l’ensemble des pays «cœur» de la zone euro affichent une légère remontée depuis plusieurs semaines. «Le rendement du Bund à 10 ans est à son plus haut niveau depuis octobre 2012, et celui du Bund à 5 ans est pratiquement revenu à ses niveaux d’avril», indique Société Générale CIB. L’amélioration de la situation dans la zone euro et aux Etats-Unis encourage les investisseurs à prendre davantage de risques. Ils se tournent à nouveau vers les obligations souveraines et corporate des pays périphériques: italiennes et irlandaises pour les investisseurs les moins téméraires, espagnoles et portugaises pour ceux qui sont prêts à prendre un peu plus de risques.
Les obligations souveraines considérées jusque-là comme des valeurs refuge ne recèlent plus de potentiel de rendement. «Les obligations allemandes sont excessivement chères et ne présentent aucune protection en cas de remontée des taux», souligne Gaëlle Malléjac, directrice de la gestion taux chez Groupama AM. «Les Bunds devraient être les plus affectés ce trimestre, la quête de rendement, l’amélioration du sentiment économique, l’assouplissement réglementaire et les nouvelles liquidités fournies aux banques espagnoles étant susceptibles d’alimenter l’appétit pour le risque ces dernières semaines», explique Société Générale CIB.
Dans ce contexte, certains estiment même que la remontée des taux core pourrait se traduire par des pertes sur le Bund et l’OAT française sur l’ensemble de 2013. «Engendrer des pertes sur des obligations AAA est un fait rarissime. Seules des périodes comme 1994 lors du krach obligataire ou dans une certaine mesure 1999 ont entraîné quelques pertes depuis 1992 sur les maturités à moyen terme. Même si la hausse des taux des pays core s’annonce modérée cette année, cela pourrait toutefois conduire à une performance légèrement négative pour le Bund allemand et les obligations françaises à 10 ans sur l’ensemble de 2013», prédit Alexandre Hezez, responsable de la gestion chez Convictions AM. Il rappelle que la sensibilité à la variation des taux est plus importante pour les obligations dont les taux initiaux sont les plus bas. «On peut ainsi considérer qu’une légère augmentation de 25 points de base du Bund allemand suffirait à engendrer des pertes», estime le gérant.
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