Les plates-formes électroniques devraient gagner du terrain sur les marchés
Les plates-formes électroniques vont devenir de plus en plus incontournables pour les intervenants des marchés, notamment de la dette. C’est du moins l’avis des panélistes réunis lors des quatrièmes Rencontres des professionnels des marchés de la dette et du change qui se tenaient hier à Paris.
Le développement de plates-formes électroniques est encouragé par la régulation. En Europe la révision de la directive MIF (MIF 2) va notamment encadrer les échanges obligataires. «La transparence est poussée énormément par la réglementation mais aussi par le marché lui-même», souligne Nathalie Masset, directrice des marchés de la dette européens chez Nyse Euronext. Et de rappeler que la Bourse transatlantique a lancé sa plate-forme alternative (MTF) sur l’obligataire, BondMatch, dans le sillage des travaux de la Place. Nathalie Masset assure que le projet continue d’évoluer: certains de ses interlocuteurs seraient intéressés par une ouverture du MTF aux «govies» et à d’autres devises que l’euro.
«Ces plates-formes (électroniques) sont un outil absolument incontournable», affirme Vincent Cornet, directeur de la gestion chez La Banque Postale Asset Management. A ses yeux, elles permettent d’avoir de la liquidité et une formation des prix moins opaque. «Nous devons la transparence à nos clients», défend-il. Ces sujets sont d’autant plus importants que de nouveaux acteurs, de la catégorie high yield, arrivent sur les marchés obligataires. Le directeur de la gestion précise cependant qu’«il y a un certain nombre de produits qui ne sont pas faits pour rentrer dans ce modèle», notamment les plus complexes.
Nathalie Masset précise que BondMatch peut accepter des ordres d’assez grande taille, une transaction de 11 millions d’euros a été exécutée sur le MTF et MIF 2 devrait réserver des exemptions à la transparence pour les ordres importants. Toutefois, la plupart des intervenants tombent d’accord pour dire que plusieurs systèmes de trading vont perdurer: les échanges de gré à gré, les systèmes de request for quote et les plates-formes avec carnets d’ordres centraux comme BondMatch.
Par ailleurs, Philippe Mongars, adjoint au directeur des opérations de marché à la Banque de France, souligne qu’il existe «des dérives possibles» sur l’électronique. Et de citer le trading à haute fréquence, dont il «faudrait démontrer que cela nous apporte de la liquidité, quand c’est nécessaire».
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