Les panélistes attendent une remontée des taux européens en dépit de la faible inflation
Le Panel Taux estime que les taux européens continueront de remonter en dépit du message très accommodant envoyé par le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, à l’issue de la réunion du Conseil de gouverneurs la semaine dernière. Les panélistes s’attendent (selon la prévision médiane) à ce que les taux des titres d’Etat allemands remontent à 0,80% à trois mois et à 0,92% à six mois. En juillet, les prévisions de taux avaient déjà été largement revues à la hausse à 0,78% et 0,89%. Et ce, alors même que la crise grecque avait connu un nouveau rebondissement avec l’échec des négociations entre le gouvernement d’Alexis Tsipras et les créanciers européens.
Les taux allemands étaient ces derniers jours inférieurs à ces prévisions. Le Bund 10 ans traitait vendredi dernier à 0,66%, en baisse de près de 17 points de base sur trois mois.
Il faut dire que la BCE, tout en soulignant des améliorations en zone euro sur le front du crédit, a révisé à la baisse la semaine dernière ses prévisions d’inflation et de croissance, en raison de la baisse du prix du pétrole et du ralentissement dans les pays émergents. La banque centrale table désormais sur un taux de croissance annuel de 1,4% en zone euro cette année et de 1,7% en 2016. En matière d’inflation, elle prévoit un taux de seulement 0,1% cette année et de 1,1% l’année prochaine et elle n’exclut pas de revoir de nouveau à la baisse ses prévisions. En raison des inquiétudes sur la croissance chinoise, les marchés ont connu de très fortes fluctuations ces dernières semaines et la banque centrale veut se donner encore quelque temps pour juger de l’impact de ces développements.
Tout en ajustant l’un des paramètres techniques de son programme d’assouplissement quantitatif (QE) pour s’assurer de pouvoir acheter en toutes circonstances 60 milliards d’euros de titres par mois, la BCE a d’ores et déjà répété qu’elle était prêtre à agir si nécessaire. Elle a souligné le fait qu’elle pourrait prolonger ses achats de titres au-delà du mois de septembre 2016 et a indiqué que, si besoin, elle pourrait jouer sur la taille et la composition des achats.
Ces déclarations ont contribué à faire chuter l’euro/dollar. Vendredi, le taux de change était à 1,11 alors qu’il était remonté jusqu’à 1,16 à la fin du mois d’août. En dépit de cette baisse, l’euro reste sensiblement supérieur aux prévisions des panélistes, déjà plus élevées que celles du mois de juillet. En moyenne, ils s’attendent à un euro à 1,08 à trois mois et à 1,05 à six mois. Barclays et Deutsche Bank espèrent même un taux de respectivement 0,98 et 0,95 à six mois.
La plupart des panélistes n’attendent pas de relèvement des taux de la part de la Banque d’Angleterre à trois mois, mais ils sont nombreux à anticiper un resserrement monétaire à six mois.
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