Les obligations indexées fleurissent malgré la faiblesse de l’inflation
Les Trésors français et italien ont adjugé hier 1,5 et 20,6 milliards d’euros d’obligations indexées sur l’inflation dans un contexte désinflationniste
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Patrick Aussannaire
Les émissions d’obligations indexées sur l’inflation en zone euro se poursuivent malgré les risques déflationnistes qui agitent les débats autour du possible lancement d’un programme de rachats d’actifs de la BCE. Hier, le Trésor français a émis pour un montant total de 1,48 milliard d’euros de titres, indexés sur l’inflation française (OATi) et de la zone euro (OATei). Un montant dans la fourchette haute initialement visée.
Deux lignes d’indexées sur l’indice IPCH de la zone euro de maturités 2018 et 2024 ont ainsi attiré une demande de 1,05 milliard d’euros, alors que l’OATi indexée sur l’indice des prix à la consommation français d’échéance 2023 a attiré 435 millions.
La semaine dernière, c’est le Trésor allemand qui a émis une obligation indexée d’échéance avril 2030. Jamais l’Allemagne n’avait émis une indexée d’échéance aussi lointaine, ce qui étend pour la première fois la courbe des indexées allemande au-delà du secteur 10 ans. Il existe en outre peu d’indexées d’échéance supérieure à 10 ans en zone euro, et aucune dans les pays notés AAA, ce qui rend ce segment peu liquide. L’émission a ainsi «entraîné quelques échanges avec des OATei de la partie longue», et notamment l’OATei 24, qui reste l’obligation la moins chère sur la courbe, avec un gain de 24 pb par rapport à l’OAT octobre 23, selon SG CIB.
Traduisant l’attrait des investisseurs pour la dette périphérique, le Trésor italien a réuni hier quelque 20,6 milliards d’euros lors de l’adjudication d’indexées d’échéance avril 2020 qui offre un coupon de 1,65% plus inflation.
L’inflation a été confirmée à 0,5% en mars en zone euro, et l’indice sous-jacent est même ressorti en deçà des attentes. Un contexte fondamental qui aurait dû peser sur les obligations indexées. Or, l’impact est resté concentré sur les points morts des maturités les plus courtes. Le taux de swap inflation en zone euro à 10 ans est à 1,66%, le point mort sur le Bund indexé a repris 15 pb en mars, après être néanmoins tombé à un niveau historiquement faible de 1,30%.
«Le marché a toujours le sentiment qu’à la fin, l’inflation reviendra sur l’objectif de la banque centrale», explique Natixis qui craint néanmoins qu’une inflation durablement très faible affecte les anticipations à long terme, et notamment le taux anticipé d’inflation à 5 ans suivi de très près par la BCE, qui reste actuellement toujours au-dessus de 2%, malgré une tendance baissière qui tend à s’accélérer.
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