Les négociations autour de la dette ukrainienne piétinent
Réunis la semaine dernière à San Francisco, les créanciers privés de l’Ukraine et les représentants du pays n’ont toujours pas trouvé d’accord sur la restructuration d’un morceau de dette de 19 milliards de dollars. Les parties s’étaient pourtant fixé comme date butoir le vendredi 14 août après cinq mois de négociations. Mais depuis, plus rien. Le temps presse alors que le pays devra faire face à une échéance de 60 millions de dollars le 23 août et à une autre de 500 millions de dollars le 23 septembre.
Cette opération est nécessaire pour que le pays puisse accéder à la totalité du plan d’aide de 40 milliards de dollars que le Fonds monétaire international (FMI) est prêt à lui accorder. En attendant, le grand argentier international n’a fourni que 1,7 milliard de dollars au pays à la fin du mois de juillet afin de le maintenir à flot. L’institution s’est également dite prête à soutenir le pays s’il décidait d’appliquer un moratoire sur sa dette en cas d’échec des négociations. Un scénario qui n’est plus à exclure alors que, selon les dernières déclarations communes des parties, des divergences persistent.
Ce sont en fait deux visions sur l’état réel de l’économie ukrainienne qui s’opposent. Le gouvernement souhaite exercer un «haircut» sur sa dette, et avait annoncé en premier lieu une décote de 40%, en défendant son insolvabilité. Une proposition qui avait irrité au plus haut point les créanciers privés du pays, et en premier lieu le fonds Franklin Templeton, qui détient à lui seul deux tiers de la dette en question. Ces derniers privilégient un allongement des maturités et une réduction des montants des coupons afin de préserver le plus possible le nominal et invoquent une crise de liquidité du pays, arguant qu’avec un ratio de dette publique de 73% du produit intérieur brut (PIB), l’endettement national est soutenable.
Mais cette situation tend à se dégrader fortement alors que le pays a connu une récession de 14,7% sur un an au deuxième trimestre, bien plus que la première prévision de 9% du FMI. De plus, la monnaie ukrainienne, la hryvnia, a perdu près de 61% de sa valeur depuis le début de l’année. Or, les deux tiers de la dette du pays étant libellés en devises étrangères, son poids devrait alors passer à plus de 94% du PIB à la fin de cette année.
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