Les marchés offrent un répit aux pays émergents les plus fragiles
Depuis fin janvier, les investisseurs internationaux reviennent progressivement vers les actifs brésiliens, indiens, sud-africains, turcs et indonésiens
Publié le
Patrick Aussannaire
Les «cinq fragiles» sont en voie de rémission. Depuis leur chute du mois de janvier, le real brésilien, la livre turque, le rand sud-africain, la roupie indienne, et la roupie indonésienne se sont appréciés contre dollar de respectivement 11% 10%, 8%, 5%, et 7%. Ces devises reviennent ainsi sur leurs niveaux de fin 2013.
«Nous sommes proches de la fin du cycle d’ajustement de la balance des paiements, qui avait conduit les cinq fragiles à durcir leurs politiques monétaires, avec pour effet un ralentissement de leurs économies», indique HSBC qui recommande l’achat de ces devises sur fond de taux élevés et de forte baisse de la volatilité qui favorise les opérations de «carry trade».
Sur la semaine achevée le 9 avril, les économies émergentes ont attiré 4,7 milliards de dollars d’entrées nettes de capitaux. Un record depuis plus d’un an, à mettre au crédit des investisseurs institutionnels locaux, selon BNP Paribas. «Avec l’amélioration de l’appétit pour le risque, les investisseurs clés ont effacé leur sous-pondération en actifs émergents. Contrairement au consensus de début d’année, quelques marchés de dette locale ont engendré de forts rendements avec la réappréciation des devises, après les pertes du deuxième semestre 2013», ajoute HSBC.
Au premier trimestre, le marché de la dette locale indonésien a affiché la meilleure performance de l’univers émergent avec un rendement de 13,29%, dont 7 points de gains de change, 2,5 points au portage et 3,5 points de gains obligataires, selon JPMorgan. Le Brésil a offert un rendement de 7,68%, dont 5 points de gains de change, et la dette turque de 3,18%. A contrario, la dette russe a encaissé une chute de rendement de 9%, dont 7 points de pertes de change. Sur la dette en dollar, seuls quatre pays (dont la Russie) sur 61 affichent des rendements négatifs, pour un rendement moyen de 3,7% et de 7,1% pour l’Inde.
«Sur le crédit, la faiblesse des valorisations par rapport aux marchés développés, et la levée des inquiétudes sur la vulnérabilité des économies émergentes devraient continuer de soutenir la compression des spreads sur les dettes souveraines et corporates», estime Barclays. Globalement, le FMI table sur une croissance des économies émergentes de 4,9% cette année, contre 2,1% en 2014 pour les pays développés, avec une réduction des déficits courants en Turquie et en Indonésie. Reste que cette année, les élections en Inde, en Indonésie, en Afrique du Sud et au Brésil concentreront l’attention des marchés.
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