Les manipulations de cours de change échauffent les débats internationaux
La guerre des changes est amenée à prendre une place centrale dans les débats internationaux. Le sommet du G20 qui se tient en Russie cette semaine devrait mettre le sujet des manipulations de cours des devises sur le devant de la scène avec une volonté désormais affichée que les cours reflètent plus fidèlement les fondamentaux macroéconomiques, selon le Financial Times. Le Wall Street Journal précise même que les Etats-Unis et l’Europe seraient sur le point de publier un communiqué commun visant à prémunir l’économie mondiale dans un nouvel accès de dévaluations compétitives, grâce au renforcement des engagements pris dans le cadre du G7 d’une détermination libre des taux de change sur les marchés, et non par des interventions unilatérales.
Ce week-end, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, s’est d’ailleurs déclaré favorable à une coordination plus étroite en matière de taux de change. «Je reconnais qu’il existe un risque de dévaluation compétitive. Nous avons récemment alerté le gouvernement du Japon contre des mesures allant dans le sens d’une dépréciation du yen», a-t-il déclaré au magazine autrichien Profil. Jörg Asmussen, membre du conseil de la BCE, a pour sa part estimé qu’il fallait laisser agir librement les forces de marché. Jeudi dernier, Mario Draghi avait craint qu’une forte appréciation de l’euro ne conduise à une révision à la baisse des projections de croissance en zone euro.
Dans le viseur: le Japon qui s’est engagé dans une politique budgétaire et monétaire agressive visant à casser la valeur du yen. Kikuo Iwata, un des candidats potentiels au poste de gouverneur de la BoJ, se prononçait hier dans le Kyodo News en faveur d’une politique monétaire plus accommodante. «La BoJ doit démontrer qu’elle effectue un réel changement de rythme dans sa politique monétaire», a-t-il lancé. Depuis juillet 2012, le yen a chuté de 19% contre dollar et de 31% contre euro.
Mais le Japon n’est pas seul en cause. Un membre du conseil de la BNS, Fritz Zurbruegg, a confirmé la politique de taux de change plancher contre euro de l’autorité suisse en estimant hier que «le franc suisse est toujours surévalué, même si le taux de change a reculé contre euro». Vendredi, le gouvernement vénézuélien a dévalué le bolivar pour la cinquième fois en dix ans, de 32% pour ramener la parité de 4,30 à 6,30 pour un dollar. Une mesure qui retire de 7 à 15 points de PIB sur le déficit budgétaire du pays, et réduit la valeur de sa dette en dollars de 42,9 à 29,3 milliards.
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Washington - Le pétrole a bondi à plus de 125 dollars le baril jeudi après que les Etats-Unis ont évoqué la perspective d’un long blocus des ports iraniens, qui prolongerait d’autant la pression sur l'économie mondiale deux mois après le début du conflit dans le Golfe. Après avoir atteint mercredi des niveaux sans précédent depuis mi-2022 et l’invasion russe de l’Ukraine, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, s’est encore envolé de 7% jeudi, atteignant vers 4H45 GMT 125,60 dollars. C’est le double de son cours avant l’attaque lancée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, laquelle a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et dont les répercussions se font chaque jour un peu plus sentir pour l'économie mondiale. Si les armes se sont tues depuis un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, le détroit d’Ormuz, par lequel transitait naguère un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, reste soumis à un double blocus iranien et américain. Cette nouvelle flambée intervient après qu’un haut responsable américain a indiqué mercredi que la Maison Blanche envisageait de «poursuivre le blocus actuel pendant des mois si nécessaire». «Le blocus est un peu plus efficace que les bombardements», a commenté Donald Trump lui-même dans un entretien avec le site américain Axios. Au total, 42 bateaux ont été interceptés à ce jour alors qu’ils tentaient de «violer le blocus» et 41 tankers ne peuvent pas quitter l’Iran, selon l’amiral Brad Cooper, commandant américain pour le Moyen-Orient, qui a jugé le blocus «hautement efficace». Le marché pétrolier s’est encore emballé jeudi à la publication d’un article du média Axios affirmant que Donald Trump devait être briefé jeudi par l’armée sur de possibles nouvelles actions militaires contre l’Iran. «Désastre stratégique» Lors d’un entretien téléphonique, le président russe Vladimir Poutine a mis en garde Donald Trump contre les «conséquences dommageables» qu’aurait une nouvelle action militaire contre l’Iran, «non seulement pour l’Iran et ses voisins, mais aussi pour l’ensemble de la communauté internationale». «Les combats sont largement arrêtés, mais aucune solution durable n'émerge», ont relevé les experts du cabinet DNB, disant redouter une «impasse prolongée» alors que les pourparlers sont au point mort. Les Etats-Unis veulent «activer la pression économique et les divisions internes (...) pour nous affaiblir ou même nous faire nous effondrer de l’intérieur», a accusé le puissant président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. Alors que ne se dessine aucune issue au conflit, le ministre américain de la Défense a eu droit mercredi à une volée de bois vert lors de sa première audition à la Chambre des représentants depuis le début du conflit. «Catastrophe géopolitique», «désastre stratégique», «incompétence», «blessure auto-infligée», «bourbier» et autres mensonges... les députés américains n’ont pas ménagé Pete Hegseth. Le chef du Pentagone a révélé que la guerre en Iran avait coûté 25 milliards de dollars jusqu'à présent, la justifiant par une question: «Quel est le prix à payer pour faire en sorte que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire?» «Pas d’espoir» Les conséquences économiques du conflit se font particulièrement sentir en Iran, où la monnaie nationale, le rial, a atteint son plus bas face au dollar depuis l’avènement de la République islamique en 1979. «L’idée de revivre la guerre est terrifiante, mais nous n’avons pas non plus d’espoir quant à l’issue des négociations», confie a confié Ali, architecte téhéranais de 52 ans, joint par une journaliste de l’AFP à Paris. Si la trêve a été prolongée sine die, les deux camps n’arrivent toujours pas à s’entendre pour reprendre leurs négociations, après une première session infructueuse le 11 avril au Pakistan. Les Iraniens «ont intérêt à devenir intelligents, et vite!», a menacé Donald Trump sur son réseau Truth Social. Sur le front libanais, où Israël combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, le chef d'état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a menacé de frapper le Hezbollah «au delà de la ligne jaune», qui délimite une zone contrôlée par ses troupes au sud du Liban, selon un communiqué militaire. Le président Joseph Aoun a appelé Israël à «pleinement mettre en oeuvre» le cessez-le-feu du 17 avril, avant toute négociation directe de paix entre les deux pays, dont il a dit attendre que les Etats-Unis fixent une date. Les opérations israéliennes au Liban ont fait plus de 2.500 morts et plus d’un million de déplacés depuis début mars, et 1,2 million de personnes sont menacées d’insécurité alimentaire aiguë selon le Programme alimentaire mondial (PAM). les bureaux de l’AFP à Washington, Téhéran et Beyrouth © Agence France-Presse -
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