Les investisseurs s’adaptent au nouveau régime de change chinois
Les marchés doivent s’ajuster à l’instauration soudaine la semaine dernière du nouveau régime de change chinois. Si la Banque populaire de Chine a calmé le jeu vendredi en fixant le taux de change du yuan (CNY) à un niveau légèrement supérieur à celui de la veille après trois jours consécutifs de dévaluations cumulées de 4,4%, l’autorité a néanmoins indiqué qu’elle continuera à intervenir en période de volatilité excessive des marchés et de mouvements auto-entretenus.
«La volatilité devrait être plus forte qu’avant mais sans explosion», estime Citigroup. La volatilité implicite à un mois du taux de change du renminbi offshore (CNH) contre dollar a explosé mercredi à 9,5%, avant de reculer à 5,8% en fin de semaine. Un niveau qui reste bien supérieur à sa moyenne de long terme, de 2,5%.
En outre, la différence entre le cours du CNY coté onshore, qui se reprenait de 0,1% en fin de semaine à 6,3912, et le taux de change du CNH s’est réduite à 0,86%, après avoir atteint 1,03% jeudi dernier. Elle n’avait pas dépassé le seuil de 1% depuis le mois d’octobre 2011, et traduit ainsi des anticipations de dépréciation supplémentaire du taux de change. Barclays estime d’ailleurs que le taux de change réel du renminbi est toujours surévalué à hauteur de 5% à 10%, et table sur une parité du CNY contre dollar à un niveau de 6,80 à la fin de l’année, ce qui suggère une dévaluation supplémentaire de 7%. «La PBOC devrait être en mesure de consentir à un tel ajustement sensible mais qui reste néanmoins mesuré afin de ne pas accélérer les sorties de capitaux», ajoute Barclays.
Or, «le nouveau régime de change du renminbi devrait avoir un impact sur les taux par l’intermédiaire d’une chute des conditions de liquidités provenant des interventions de la PBOC, les investisseurs pouvant également demander des niveaux de rendements supérieurs sur leurs produits de taux libellés en CNY s’ils continuent à anticiper un affaiblissement de la devise», indique SG CIB.
A ce stade, Moody’s considère cette décision comme positive pour la qualité du crédit de la dette d’Etat chinoise, le pays disposant des moyens nécessaires pour traverser une période de dépréciation et de volatilité de la devise. Outre des réserves d’actifs étrangers équivalentes à 17% du PIB chinois, la PBOC peut recourir à ses opérations d’open market et à une baisse du ratio des réserves obligatoires pour faire face à une baisse de la liquidité interbancaire, précise SG CIB.
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