Les incertitudes politiques continuent de peser sur le marché européen du carbone
Les eurodéputés ont fait hier un petit pas en direction d’un meilleur fonctionnement du marché du carbone. Toutefois, la route est encore longue avant que le système européen d’échange de quotas (EU ETS) lancé en 2005 prenne un nouveau départ et que les prix du carbone rebondissent. Hier après-midi, le contrat à terme à échéance décembre 2013 sur ICE est tombé à 4,55 euros, en baisse de 11,3% par rapport à la veille.
Les députés européens de la commission environnement ont adopté une proposition pour amender la directive de 2003 sur le marché du carbone européen. Ce texte clarifie les pouvoirs de la Commission européenne et lui donne la capacité d’adapter le calendrier des enchères de quotas de CO2. Pour des raisons techniques et à cause du ralentissement économique qui a diminué les émissions des entreprises, le surplus de quotas de CO2 est en constante augmentation et pourrait atteindre 2 milliards d’unités d’ici à la fin de l’année. Devant l’effondrement des prix du carbone, Bruxelles a proposé en novembre dernier de reporter la mise aux enchères de quelque 900 millions de quotas. Censés être mis sur le marché entre 2013 et 2015, ils ne le seraient qu’en 2019 et 2020.
L’annonce de ce report a été bien perçue par les marchés: le prix du contrat à terme à échéance décembre 2013 est monté jusqu’à 9,47 euros en novembre. Toutefois, les lourdeurs et aléas du processus législatif l’ont fait depuis évoluer en dents de scie. Fin janvier, les eurodéputés de la commission de l’industrie se sont opposés au report. Le vote n’était que consultatif mais il a attisé les craintes d’un abandon de la réforme et tiré les prix encore plus bas. Ils sont remontés dans la perspective du scrutin, plus décisif, de la commission de l’environnement. La commissaire au changement climatique, Connie Hedegaard, s’est d’ailleurs empressée de saluer son issue positive.
La commissaire ne peut pas crier victoire pour autant. Les élus doivent trouver un accord avec les représentants des Etats. Et hier, ils n’ont pas décidé s’ils commenceront au plus vite les négociations avec le Conseil ou s’ils requerront d’abord l’approbation de tous les députés en séance plénière en avril. «La bonne nouvelle est qu’ils [les élus] ont voté en faveur de la proposition. La mauvaise est que nous n’avons pas obtenu de clarification sur la procédure», réagit Mark C. Lewis, spécialiste de ce marché chez Deutsche Bank. Il déplore «l’extrême volatilité» du marché.
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