Les gendarmes européens rappellent les risques des CFD
N’investissez pas dans un produit que vous ne comprenez pas. Les autorités européennes des marchés (Esma) et des banques (EBA) ont rappelé hier ce sain principe de gestion dans un communiqué commun relatif aux CFD. Les contracts for difference, produits dérivés à fort effet de levier qui permettent de parier sur l'évolution à la hausse ou à la baisse du prix d’un actif sous-jacent, défraient régulièrement la chronique, non pas tant à cause de leurs caractéristiques que par leur mode de commercialisation parfois agressif.
«Alors qu’ils ne sont adaptés qu’aux clients professionnels ou à des particuliers hautement expérimentés qui comprennent le produit, les CFD sont aussi promus auprès de particuliers inexpérimentés», notent l’EBA et l’Esma. Les sites internet spécialisés proposent notamment des bonus de bienvenue ou des périodes de test gratuites pour attirer le chaland. L’investissement est d’autant plus tentant qu’une prise de position à travers des CFD requiert une mise de départ limitée, souvent de 5%, équivalente à un appel de marge: l’effet de levier atteint donc dans ce cas 20 fois la mise initiale, avec un risque de pertes en proportion. Outre ce levier, les autorités européennes mettent en avant l’absence de standardisation du produit, ses coûts cachés, ou encore son horizon très court qui requiert une vigilance quotidienne.
L’EBA et l’Esma s’inquiètent notamment des conséquences des politiques de taux zéro des banques centrales. «Durant la période actuelle de faible rentabilité des investissements, des particuliers sans expérience sont tentés de se tourner vers des produits complexes», écrivent-elles.
«Cette mise en garde ressemble à celle qu’a faite récemment l’AMF en France. Elle concerne surtout certains courtiers domiciliés à Chypre ou à Malte et qui vont racoler des particuliers sur internet en utilisant des méthodes marketing douteuses», réagit Pierre Antoine Dusoulier, président de Saxo Banque France, numéro un des CFD dans l’Hexagone. Ce marché concernerait environ 40.000 clients actifs en France. La mise en place de la taxe sur les transactions financières votée l’an dernier, qui s’applique aux actions mais pas aux contracts for difference, a pu favoriser le développement du produit. Mais dans des proportions limitées: la taxe épargne les transactions intraday et le règlement différé, deux systèmes prisés des «boursicoteurs» qui sont aussi la clientèle naturelle des CFD.
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