Les fonds d’arbitrage sont partagés sur l’évolution du marché de l’or
Les avis des grands fonds d’investissement divergent fortement sur les perspectives de l’or. Selon un document enregistré auprès du gendarme boursier américain hier, John Paulson, qui dirige le fonds d’arbitrage Paulson & Co, a laissé inchangées au quatrième trimestre ses positions dans SPDR Gold Trust, le plus important fonds indiciel mondial (ETF) sur l’or. Il en est resté le plus important porteur avec 21,8 millions de titres détenus. Mais la baisse de 5% du cours comptant de l’or sur la période a érodé de 5,5% la valeur de sa participation à 3,54 milliards de dollars. Ce statu quo n’a pas fait l’unanimité, des banques comme Morgan Stanley ou le pôle de banque privé de Citigroup ayant du coup allégé leur exposition dans Paulson & Co.
D’autres gestionnaires ont adopté un comportement plus baissier, comme George Soros qui a réduit de plus de moitié son exposition dans SPDR Gold Trust entre octobre et décembre, pour ne détenir que 600.000 actions à la fin de l’année. Julian Robertson, fondateur du fonds d’arbitrage Tiger Management, a de son côté entièrement vendu sa participation dans Market Vectors Gold Miners, en conservant sa part dans Junior Gold Miners, deux autres fonds indiciels sur le métal jaune. «Si le marché actions continue sa hausse, les investisseurs pourraient continuer à se détourner de l’or à court terme», commente Bill O’Neill, associé chez Logic Advisors, société d’investissement spécialisée dans les matières premières.
Alors que le cours de l’or a gagné 7% sur l’ensemble de 2012, le rapport du Conseil mondial de l’or (WGC) publié hier montre que la demande pour le métal jaune a baissé de 4% sur la période, une première depuis 2009. Ceci est dû «au repli des achats de bijoux dans les pays asiatiques et à une réduction des investissements dans les pays développés». Le WGC table sur une stagnation de la consommation de métal jaune en 2013. A 1.629 dollars l’once, l’or a atteint cette nuit un plus bas depuis le début de l’année.
Selon Marcus Grubb, chargé des investissements au sein du WGC, le cours de l’or pourrait repartir à la hausse « à la faveur d’une issue positive des discussions sur le budget aux Etats-Unis ou d’une demande accrue des banques centrales». Les politiques d’assouplissement monétaire menées dans les pays développés encouragent en effet les banques centrales des pays émergents à diversifier leurs actifs et à acheter de l’or pour se protéger.
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