Les flash crashs nuisent à la liquidité des marchés
Les flash crashs ne sont pas du meilleur effet sur la liquidité du marché. Dans un article publié hier sur le site de la Réserve fédérale de New York, Ernst Schaumburg et Ron Yang reviennent sur les conséquences des mouvements brutaux qui ont ébranlé le S&P 500 le 6 mai 2010, les Treasuries le 15 octobre 2014 et enfin l’euro le 18 mars dernier, sans qu’aucune nouvelle économique ne puisse justifier l’ampleur de ces chocs.
Selon les auteurs de l’étude, ces flash crashs sur trois des plus gros marchés financiers mondiaux «ont eu des répercussions négatives persistantes sur la liquidité du marché, mesurée par la profondeur des carnets d’ordres au cours des jours suivant chaque événement». Une semaine a été nécessaire pour retrouver des niveaux d’échanges comparables à ceux d’avant le crash. «Peut-être plus que le niveau de liquidité en lui-même, c’est l’ampleur des conséquences sur la longueur et la prédictibilité des mouvements de liquidité qui est particulièrement complexe pour les opérateurs», indiquent les économistes de la Fed de New York.
L’étude note que ces trois marchés présentent des similitudes en terme «d’infrastructures de trading, de participants dits primaires, d’organisation avec des carnets d’ordres centralisés anonymes, et une forte présence de traders automatiques». Les échanges portent également sur des produits cash et dérivés, avec une synchronisation forte entre les deux afin de permettre des opérations de couvertures croisées entre les deux marchés. «Les nombreuses similitudes entre les trois événements ne sont peut-être pas totalement surprenantes», reconnaissent les auteurs.
Cet article est le deuxième d’une série de cinq entièrement consacrés au débat sur la liquidité des marchés, publiés tous les jours de la semaine sur le blog de la Fed de New York. Depuis des mois, les investisseurs s’inquiètent d’une dégradation de leur capacité à échanger leurs titres, aussi bien sur le marché obligataire qu’actions.
Récemment, le fonds souverain norvégien a appelé les infrastructures de marché à s’adapter pour répondre aux besoins de liquidité des grands investisseurs.
Pour les banques, le renforcement de la régulation ces dernières années n’est pas étrangère à la dégradation de la liquidité.
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