Les eurodéputés votent la réforme qui encadre le trading à haute fréquence
Après l’accord trouvé avec les Etats en janvier dernier, les eurodéputés voteront sur la directive MIF 2 en séance plénière aujourd’hui
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Solenn Poullennec
Après deux ans et demi de débat, les députés européens devraient adopter aujourd’hui la réforme de l’organisation des marchés d’instruments financiers (MIF 2) qui doit leur apporter plus de transparence et encadrer le trading algorithmique, dont fait partie le trading à haute fréquence (HFT).
L’autorité des marchés financiers se félicite de ces mesures. «L’idée n’est pas de supprimer le HFT mais de réduire «le bruit», comme l’excès d’ordres qui ne sont pas exécutés, pour permettre aux investisseurs de mieux comprendre les marchés et arrêter la course à l’armement», explique Philippe Guillot, directeur des marchés du régulateur. «Pour nous, un des points les plus importants est l’encadrement du pas de cotation car il offre des capacités de calibrage intéressantes en fonction de la liquidité», ajoute-t-il. Les Bourses devront respecter des écarts de prix minimum de manière à «avoir des prix relativement stables sans limiter de manière excessive la réduction progressive des écarts», explique la directive. L’association FIA-EPTA, qui représente des adeptes du trading algorithmique (cf ci-dessous), accueille cette proposition avec une certaine réticence. Elle scrutera avec attention les préconisations du régulateur européen des marchés. L’Esma publiera ses premiers documents sur MIF 2 au début de l’été.
La réforme prévoit également que les entreprises d’investissement recourant au trading algorithmique pour la mise en œuvre d’une stratégie de tenue de marché «doivent l’effectuer en continu pendant une proportion déterminée des heures de négociation de la plate-forme de négociation, sauf circonstances exceptionnelles». L’Esma devra aussi préciser ces règles.
Les marchés réglementés auront l’obligation de garantir la résilience de leur système, notamment en mettant en place des coupe-circuits en cas de fluctuation importante des prix. Les Etats-membres devront permettre aux plates-formes d’appliquer des tarifs plus élevés «aux participants qui passent une proportion élevée d’ordres annulés et à ceux qui appliquent une technique de trading algorithmique à haute fréquence».
Enfin, la directive obligera les entreprises d’investissement recourant au trading algorithmique à disposer de systèmes de contrôles et de risques adaptés, à notifier leur activité auprès du régulateur et auprès des plates-formes de négociation. Elles devront aussi tenir un registre de leurs ordres et le mettre à la disposition des régulateurs.
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