Les entreprises américaines reviennent sur le marché de la dette en euros
Septembre marque le retour des «yankee bonds» en Europe. Phénomène marquant du premier semestre 2015, les émissions obligataires en euros de la part d’entreprises non européennes, et notamment américaines, ont repris. Vendredi, Goldman Sachs et ManPower ont levé 1 milliard et 400 millions d’euros respectivement. La veille, Wells Fargo avait emprunté 1,5 milliard à 7 ans et le bras financier de Honda aux Etats-Unis 1,2 milliard d’euros en deux tranches.
La correction estivale sur les marchés de crédit fait pencher la balance en faveur d’un financement en euros. L’écartement des spreads a été beaucoup plus violent aux Etats-Unis qu’en Europe. Même après la couverture des risques de change et de taux, une entreprise américaine notée BBB paierait aujourd’hui 33 points de base de moins en venant lever de la dette en euros plutôt qu’en dollars. L’écart, mesuré par les indices iBoxx, était quasiment nul début juillet.
Cette situation devrait encourager d’autres entreprises non européennes à venir se financer en Europe, selon les stratégistes crédit de Natixis. «Bien qu’elle se soit résorbée de près 10 pb depuis une semaine, cette marge reste suffisamment attractive pour que les signatures US continuent d’émettre en euros (puis de repasser en dollar via un cross currency swap), risquant de limiter la capacité d’absorption par le marché dans les semaines qui viennent», indiquent-ils dans une note. La situation offre des opportunités d’arbitrage, soit entre la dette en euros et en dollars d’un même émetteur, soit en jouant la convergence entre les spreads euros et dollars, puisqu’un afflux massif de signatures américaines sur le marché en euros mettrait ce dernier sous pression.
{"title":"","image":"93610»,"legend":"","credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
« Les facteurs techniques et l’appétit des investisseurs plaident pour une position modérément surpondérée »
Bart aan de Toorn, gérant et membre du comité d'investissement de l'équipe crédit chez VLK IM -
«Nous anticipons une appréciation du yen d'ici à la fin de l'année»
Evelyn Herrmann, économiste Europe chez Bank of America -
«La hausse des taux de la BCE devrait être la seule pour 2026 et 2027»
Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez La Banque Postale AM -
Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
L’introduction hors norme sur le Nasdaq de SpaceX a attiré une demande plus de 4 fois supérieure à l’offre avec une hausse de près de 20% de l’action à la première cotation. D’autres méga-IPO vont inonder le marché, avec des airs de déjà-vu et un parfum de bulle spéculative. -
« La croissance des bénéfices dans l’UE devrait être inférieure au consensus »
Michele Morganti, stratégiste actions senior chez Generali Investments -
«Nous adoptons une neutralité de prudence plus que de conviction sur les actions»
Philippe Perrody, directeur de la gestion diversifiée et allocation d’actifs, actifs cotés chez Sienna.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Contenu de nos partenaires
-
Onde de chocAffaire Lyhanna : le dilemme d'Emmanuel Macron
Face à la crise provoquée par la mort de la jeune Lyanna, le chef de l'Etat doit trouver la bonne distance et les mots justes pour témoigner de l'empathie sans chercher à instrumentaliser -
« Dans les start-up de défense, le réseau compte autant que la technologie »
Pour l'investisseuse Louise Boucher, avoir le bon produit ne suffit pas. Les jeunes entreprises d'armements doivent rapidement recruter des profils ayant de bonnes connexions chez les décideurs militaires -
Shahed, fais-moi peurGuerre des drones : l'effervescence française
Avec ses start-up Alta Ares et Harmattan AI, la France compte de nombreux atouts dans le secteur des drones. Mais la compétition européenne et la production ukrainienne à grande échelle menacent leur percée sur un marché en mutation rapide