Les émetteurs périphériques débutent l’année en fanfare
Depuis le début de l’année, les investisseurs en quête de rendement se gavent d’obligations souveraines et de dettes des groupes des pays périphériques. Selon Dealogic, le volume d’émissions obligataires des entreprises portugaises, italiennes et espagnoles a atteint 60,7 milliards de dollars (45,1 milliards d’euros) via 51 opérations sur les quatre premières semaines de janvier. C’est 5 fois plus qu’à la même période de l’an dernier, et ça représente un record historique.
A eux seuls, les groupes espagnols ont levé pour plus de 33 milliards de dollars sur les marchés mondiaux, un record sur la période depuis 2006. Les volumes d’émissions des entreprises italiennes ont connu leur plus fort démarrage depuis 2004 avec 16,1 milliards de dollars, et les entreprises portugaises surpassent déjà le montant total du premier semestre de 2012. Alors que les élections italiennes font encore peser certaines incertitudes, et que la crise économique bat son plein en Europe, les entreprises mettent le turbo pour lever des capitaux auprès d’investisseurs qui sont de nouveau prêts à prendre des risques. Cette embellie est permise par la BCE qui s’est déclarée prête à faire tout ce qu’il faut pour sauver la zone euro.
De quoi favoriser la réouverture du marché de la dette long terme pour les périphériques, et permettre aussi aux émetteurs high yield moins bien notés d’en profiter à l’image de Cerved Technology. Le fournisseur italien de bases de données sur les entreprises a levé ce mois-ci pour 780 millions d’euros d’obligations à maturité 2020 et 2021 à des coupons de 6,375% et 8%.
Selon le Wall Street Journal, le ministre italien de l’industrie table sur au moins 30 nouveaux émetteurs italiens sur le marché qui devraient représenter 10 milliards d’euros d’émissions en 2013. L’espagnol Hera a aussi sécurisé son financement long terme en plaçant 700 millions de dette à échéance 2028 à un rendement de 5,2%.
Sur le marché secondaire en revanche certains émetteurs ont déçu. C’est le cas de l’espagnol Telefonica qui a pourtant réussi à lever 1,5 milliard de titres à maturité 2023 à un taux de 3,987%. «Telefonica était sorti trop cher sur le marché primaire à un spread supérieur de 230 points de base au taux mid-swap et a ensuite sous-performé», souligne Marnik Hinnekens responsable de la recherche crédit chez Tullett Prebon.
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