Les économistes croient au rebond de l'économie allemande
Berlin s’aligne sur les prévisions de la Bundesbank. Comme l’avait laissé entendre la presse la veille, l’Allemagne a revu hier en baisse sa prévision de croissance 2013 à 0,4% contre une estimation initiale de 1% annoncée en octobre. C’est deux fois moins que la croissance de 0,7% réalisée en 2012, et de 0,9 % en données ajustées. Dans son rapport annuel publié hier, le ministère de l’Economie allemand s’attend toutefois à une accélération de la croissance l’année prochaine. Elle devrait se chiffrer à 1,6% en 2014.
Les exportations devraient quant à elles progresser de 2,8% en 2013 pour des importations attendues en hausse de 3,5%.
Après un recul plus important que prévu de son PIB à 0,5% (0,3% ajusté des variations saisonnières) au quatrième trimestre 2012, l’Allemagne veut croire au rebond malgré le climat de récession dans la zone euro, qui constitue son premier marché à l’exportation. Un sentiment partagé par les économistes. Ceux de BNP Paribas CIB qui anticipent une croissance de 0,5% pour le pays en 2013 s’attendent dans un premier temps à une phase de stabilisation avant «une accélération marquée de la croissance économique» allemande. Le pays dispose de plusieurs atouts comme la perspective d’une croissance de la consommation domestique (57,6% du PIB) avec la fin de la modération salariale, et la faiblesse du taux du chômage qui atteignait moins de 7% à la fin de l’année dernière, soulignent-ils.
Thomas Harjes, économiste chez Barclays anticipe lui aussi un redressement de la première économie de la zone euro en 2013. Il table sur un retour de la demande et des investissements en hausse, et estime que l’éloignement du risque d’éclatement de l’euro devrait restaurer la confiance des entreprises. «L'économie allemande n’est peut-être plus le paradis qu’elle a été dernièrement mais elle reste néanmoins un îlot de croissance dans l’océan de récession qui a submergé la zone euro», expliquait récemment Carsten Brzeski, économiste chez ING.
Après la révision à la baisse de la croissance allemande, tous les yeux sont tournés vers la France qui s’attend toujours à une hausse de 0,8% de son PIB, et un déficit public de 3% cette année. Mais la révision de Berlin pourrait pousser le gouvernement à revoir rapidement sa feuille de route budgétaire.
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