Les digues protégeant les «petro-pegs» sont de plus en plus fragiles
La réunion de la Réserve fédérale des 16 et 17 septembre prochains est marqué au feutre rouge sur les agendas des dirigeants des banques centrales des pays émergents. En renforçant le dollar et en attirant les capitaux, une remontée des taux de la banque centrale américaine ne manquerait pas de provoquer d’importants remous sur les devises émergentes, déjà largement chahutées ces dernières semaines par les conséquences de la chute du prix des matières premières et par la réforme du régime de change chinois.
La dévaluation implicite du yuan a accentué de fait la surévaluation des autres monnaies émergentes encadrées.
Dans ce contexte, la pression monte sur les régimes de change régis par des pegs. «Les marchés s’interrogent sur la résistance des autres pegs et sur le prochain domino qui tombera», indiquent les économistes de Deutsche Bank. Les «pétro-pegs», ceux instaurés par des pays dont la majorité des revenus proviennent du pétrole, sont particulièrement visés.
Le Kazakhstan a déjà capitulé en rase campagne la semaine dernière, en laissant librement flotter sa monnaie. Mais d’autres pays continuent de lutter. Hier, le président de la Banque centrale d’Oman a assuré que le sultanat était déterminé à préserver son peg vis-à-vis du dollar. Le rial est ancré à la monnaie américaine depuis 1986 à une parité de 0,3849 pour un dollar. Avant la déclaration du président de la banque centrale, la valeur des options à un an sur la devise avaient atteint des niveaux record depuis 2006. Le Nigeria, qui a déjà ajusté son peg vis-à-vis du dollar avant l’été, est également de nouveau sous pression, tout comme l’Azerbaïdjan.
«Un peg n’est tenable que si vous gérez un important excédent courant et que vos entrées de capitaux permettent de maintenir la devise», rappellent les experts de TD Securities. Avec ses quelque 660 milliards de dollars de réserves, l’Arabie saoudite, qui s’est également engagée à maintenir son peg, a encore de quoi voir venir. Mais pour les autres producteurs de pétrole, l'équation se révèle beaucoup plus compliquée.
L’an dernier, la Russie avait dû renoncer à sa parité glissante (crawling peg) après avoir dilapidé des milliards de dollars pour tenter de protéger le rouble.
Plus d'articles du même thème
-
Un Shein en perte de vitesse se présente à la Bourse de Hong Kong
Le géant controversé de la fast fashion a publié le 26 juillet son document d'introduction en Bourse. Il a signé une perte au premier trimestre et pâtit des taxations imposées aux petits colis dans les pays occidentaux. -
Le déficit commercial français reste plus lourd qu'avant la crise sanitaire
Le solde commercial français dépend de quatre principaux secteurs industriels qui n’ont pas retrouvé le même niveau d’exportations qu’avant la pandémie de Covid, hormis le secteur du luxe. -
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
Alors que les incendies font rage près de Bordeaux, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit en 2025 et 2026 une revue de la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées chez les assureurs, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières. -
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
EditorialCanicules, mégafeux : l'impasse de l'infantilisation citoyenne
Il est temps de changer de paradigme. Le précautionnisme a vécu. Pratiquée par tous nos dirigeants, cette religion de la protection absolue – « quoi qu'il en coûte » – sonne de plus en plus comme une promesse creuse -
BatailleA400M, bulldozers, sapeurs : la mobilisation maximale des militaires face aux feux
Les armées fournissent matériels et personnels face aux incendies, en plus d’une brigade dédiée à la sécurité civile. Et fait monter en puissance ses dispositifs -
Le jour d'aprèsAssurances et mégafeux : tout le monde sera indemnisé, ou presque
Une fois les feux maîtrisés, les milliers de personnes évacuées pourront retrouver leur domicile. Certains décrouvriront des dégâts de grande ampleur. Se pose alors la question de l'indemnisation