Les créanciers privés de la Grèce élargissent leurs options à l'étude
C’est l’un des effets de l’avertissement envoyé par S&P lundi. L’agence a jugé que le plan des banques françaises visant à reconduire («rollover») 70% de la dette publique grecque arrivant à échéance d’ici à juillet 2014 déclencherait, en l’état, un défaut «sélectif». La vingtaine de banquiers et d’assureurs réunis hier à Paris pour discuter d’une participation au deuxième sauvetage de la Grèce ont donc allongé le menu des options que les créanciers privés étudieront tout l’été.
L’Allemagne a ainsi ressorti des tiroirs son projet d’une offre d’échange de la dette existante contre des titres de maturité plus longue. L’idée d’un swap avait été abandonnée car elle aurait déclenché une mise en défaut par les agences. «Depuis que les agences de notation ont signalé que les modalités du plan français reviendraient à placer Athènes en situation de défaut, nous pouvons mettre sur la table d’autres options comme un échange de titres» a indiqué hier à Reuters Jörg Asmussen, le ministre adjoint des Finances allemand. La solution française reste cependant à l’étude.
Le défaut sélectif n’inquiète pas Charles Dallara, le directeur général de l’IIF, lobby des banques internationales. «Une période temporaire de défaut sélectif, telle qu’on l’a vue dans le passé pour des souverains, n’est pas la pire chose qui pourrait arriver», estime le dirigeant.
Charles Dallara propose une troisième voie, un rachat de dette grecque décotée. Un fonds de 50 milliards d’euros destiné à ces rachats permettrait de réduire de 20 points le ratio de dette sur PIB d’Athènes. Ce serait aussi une réponse aux critiques adressées au plan français, jugé trop favorable aux créanciers privés: Athènes ne toucherait en effet que 49% des tombées obligataires, et paierait un coupon de 5,5 % à 8%, certes inférieur aux prix du marché, mais pas de nature à soulager la charge de sa dette.
Les options d’un swap ou d’un rachat ont aussi leurs inconvénients, à commencer par les pertes comptables qu’elles imposeraient sans doute aux créanciers privés. Et si la Facilité européenne de stabilité financière (EFSF) devait être l’instrument des rachats de dette, les Etats qui garantissent son passif devraient changer ses statuts. Une première réforme, en cours d’approbation à l’échelon national, autorisera l’EFSF à intervenir sur le marché primaire de la dette souveraine après 2013. Mais le marché secondaire lui reste interdit.
Plus d'articles du même thème
-
Qiddiya s'engage à investir 6 milliards d’euros en France pour développer des parcs à thèmes
La France et l’Arabie saoudite ont signé un protocole d’accord pour la construction et le développement de plusieurs parcs d’attractions en Île-de-France. -
Le tiers payant, un terrain de jeu pour les fintechs
Marché très concentré et particulièrement exposé aux cyberattaques, le tiers payant intéresse de plus en plus les fintechs qui tentent de se positionner en tant que partenaires technologiques fiables. -
Le fonds de pension suédois AP3 voit ses encours grossir de plus de moitié
L'un des trois fonds de pension publics suédois en charge du système de pension pour les retraités suédois a publié des résultats financiers en hausse au premier semestre 2026. -
Les fonds de private equity hexagonaux misent sur le « Made in France »
Près de la moitié de la valeur des participations détenues dans l’Hexagone est aux mains d’investisseurs domestiques, un niveau parmi les plus élevés du continent. -
Volkswagen poursuit son poker menteur sur l’avenir de son outil industriel
Le premier constructeur automobile allemand cherche à adapter son profil de production pour redevenir compétitif. Syndicats, actionnaires et direction rivalisent de projets quant à l’ampleur des suppressions d’emplois à consentir. Avec la question sous-jacente des fermetures d’usines en Allemagne. -
Les banques ont largement participé à la réouverture du marché du crédit en euros
Les banques européennes ont constitué le secteur le plus actif sur le marché primaire du crédit en août, avec 43 émissions en euros (hors banques publiques) pour près de 32 milliards en moins d’un mois. Certains craignent une indigestion des investisseurs, mais les besoins de financement pour le second semestre sont limités, et les spreads globalement stables malgré le contexte.
ETF à la Une
Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- L'éligibilité des ETF synthétiques au PEA est dans le viseur de Bercy
- Le projet de la SEC de supprimer la règle du « meilleur prix » met les investisseurs vent debout
- Vanguard sort trois fonds Ucits actions mondiales
- Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- Wall Street ouvre la porte vers les ETF sur les humanoïdes chinois
Contenu de nos partenaires
-
CoulissesPrésidentielle : le plan de bataille du Medef
L'organisation patronale déploie une nouvelle stratégie pour imposer son agenda aux candidats à la présidentielle et asseoir son influence sur le débat public -
Message personnel« On se retournait, il était là » : l’hommage d’Emmanuel Macron à François Patriat
En saluant la fidélité de ce macroniste des origines, Emmanuel Macron souligne l'ingratitude de ceux de son camp qui veulent lui succéder à l'Elysée -
EditorialChefs d'entreprise, enrichissez-vous !
Tous partagent l'idée qu'il suffit d'aligner les promesses pour réguler l'économie par le haut