Les banques françaises élargissent leur gisement de collatéral
Les banques françaises ont ouvert une brèche vendredi dernier dans un nouveau gisement de collatéral. Elles ont émis via un véhicule de titrisation monté par la Place pour 2,65 milliards d’euros de titres adossées à leurs crédits aux entreprises et d’une maturité allant jusqu’à trois ans.
Cette émission du véhicule baptisé Euro Secured Notes Issuer (ESNI) est le fruit d’un travail de plusieurs années. La société de titrisation doit permettre aux banques de répondre à des besoins croissants de collatéraux de grande qualité. Dans un contexte de crise, les transactions sécurisées se sont développées et les nouvelles régulations contraignent les acteurs à l’utilisation de davantage de collatéral.
Les banques pourront par exemple refinancer leur collatéral dans le cadre d’opérations de repo ou répondre à des appels de marges. La Fédération bancaire française a précisé qu’il y aurait d’autres émissions dans les prochaines semaines. «Le potentiel d’émission est très important, ce sont des dizaines de milliards d’euros de crédits qui peuvent être transformés en collatéral», souligne Denis Beau, directeur général des opérations à la Banque de France.
Même si, contrairement à ce qui se fait dans d’autres titrisations, les créances restent au bilan des établissements, «c’est de nature à soutenir l’activité de distribution de crédits et de financement des entreprises par les banques», assure le banquier central. «Cette initiative positionne la Place de Paris à l’avant-garde des places européennes, dans ce domaine», s’est félicitée l’association Paris Europlace.
La société de titrisation ESNI a été créée par cinq banques, BNP Paribas, BPCE, le Crédit Agricole, HSBC France et la Société Générale mais elle est ouverte à l’ensemble des banques françaises et européennes qui souhaitent la rejoindre. Chaque banque dispose d’un compartiment isolé pour plus de sécurité. Pour garantir la simplicité et transparence du dispositif, les compartiments sont soumis à une documentation juridique standardisée.
Pour cette émission inaugurale, des établissements financiers parmi les fondateurs du véhicule ont auto-souscrit les titres émis. Ils devraient désormais se lancer dans des road-shows pour familiariser les investisseurs potentiels avec cette nouvelle classe d’actifs. Pour l’instant, les titres qui ne sont ni tranchés, ni notés, ne sont pas éligibles au refinancement auprès de la Banque centrale européenne mais la Place y travaille.
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