Les actions chinoises de classe A entrouvrent la porte des indices mondiaux
Avec la révision du panier des devises composant les droits de tirages spéciaux du FMI cet automne, la révision des indices actions émergents constitue l’autre grand rendez-vous financier de l’année pour la Chine. Alors que le MSCI, premier d’entre eux, doit dévoiler sa position le 9 juin, son concurrent FTSE Russell a annoncé hier la mise en œuvre d’une solution transitoire pour les actions chinoises de classe A, cotées en renminbi et qui étaient initialement réservées aux investisseurs résidents.
Le fournisseur, filiale du London Stock Exchange, prévoit le lancement de deux indices émergents de transition, les FTSE Emerging Markets China A. Les actions chinoises cotées en renminbi y seront pondérées en fonction des quotas R/QFII alloués par Pékin aux investisseurs internationaux. Leur part sera plafonnée au départ à 5%, et pourra s’accroître jusqu’à 32% lorsque les autorités chinoises auront levé toutes les barrières à l’investissement des non-résidents. Lorsque la Chine remplira tous les critères correspondant à la définition d’un marché émergent chez FTSE Russell, les deux benchmarks transitoires seront fusionnés avec l’indice standard. Un point d’étape est prévu en septembre.
Si le fournisseur d’indices opte aujourd’hui pour une demi-mesure, c’est que nombre de grands gestionnaires d’actifs sont encore opposés à l’inclusion des actions chinoises de classe A dans les indices mondiaux. «Les plus grands fonds veulent bouger plus tôt, mais la question est plus complexe pour d’autres et ils souhaitent davantage de temps pour gérer ce changement», a rappelé Mark Makepeace, directeur général de FTSE Russell cité par Reuters, à l’occasion d’une conférence hier à Hong Kong. Mark Mobius, l’emblématique patron des émergents chez Franklin Templeton, s’est publiquement converti à cette idée il y a une quinzaine de jours seulement.
Les partisans des actions de classe A mettent en avant la récente ouverture du marché aux investisseurs internationaux, grâce au «pont» ouvert fin 2014 entre les Bourses de Hong Kong et de Shanghai, en attendant Shenzhen. En revanche, la fiscalité, le règlement-livraison ou les capacités de couverture à travers les produits dérivés handicapent encore les marchés continentaux chinois. Cela n’empêche pas les investisseurs résidents de spéculer à la hausse, l’indice CSI 300 composite de Shanghai et Shenzhen affichant une hausse de 47% en 2015, avec une volatilité très élevée.
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