L’erreur de trading de Knight Capital profite finalement à Getco
Getco a bien manœuvré. Le conseil d’administration de Knight Capital aurait finalement arbitré hier en faveur de la nouvelle offre de rachat estimée à 2 milliards de dollars proposée par la société de trading à haute fréquence qui exécute 10% des volumes traités sur le marché américain des actions, selon des sources concordantes. «C’est une réelle sortie du bois pour Getco» estime Michael Wong, analyste chez Morningstar. La société aurait ainsi été contrainte d’augmenter son offre de 3,50 à 3,75 dollars par action, avec deux tiers en numéraire et le reste en actions, afin de damer le pion à son rival Virtu, qui proposait 3,20 dollars tout en numéraire. Virtu était soutenu par la société de private equity Silver Lake Partners et avait garanti des financements de la part de Goldman Sachs, Barclays et Cerberus Capital.
La nouvelle offre représente une prime de 12,6% par rapport au cours de clôture d’hier, de 3,33 dollars, alors que les rumeurs propulsaient cette nuit l’action à 3,50 dollars dans les cotations après Bourse à New York. Getco envisage d’emprunter un milliard de dollars pour financer l’opération. Dans ce cadre, Jefferies, lui-même racheté par Leucadia pour 3,6 milliards de dollars et qui a vu son résultat s’envoler de 48% au quatrième trimestre, pourrait apporter une facilité de crédit de 900 millions à Getco. En outre, Knight Capital dispose des participations non stratégiques, dont 20% dans Direct Edge, que Getco pourrait céder pour financer une partie de l’opération.
Getco avait obtenu 15,6% de Knight Capital pour sa participation dans les 400 millions de dollars apportés pour absorber les 461,1 millions de pertes sèches consécutive à son erreur de trading survenue en août dernier. Depuis, l’avenir de Knight Capital était incertain, avec une action qui a vu son cours fondre de deux tiers. L’actuel directeur général de Knight Capital, Thomas Joyce, devrait céder son poste à Daniel Coleman, actuel directeur de Getco, mais conserver celui de président exécutif du nouveau groupe.
L’opération offre ainsi une porte de sortie aux autres bailleurs de fonds de Knight Capital: Jefferies, TD Ameritrade Holding Corp, Stifel Financial et Blackstone. «Nous n’aurions jamais pu espérer que ça puisse se faire aussi rapidement» indique Curt Bradbury, directeur de Stephens, un courtier ayant participé au sauvetage de Knight Capital. Le principal souci des actionnaires était de trouver un repreneur suffisamment solide pour continuer à assurer la liquidité sur les marchés.
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