L'économie française ne donne aucun signe de rebond
Malgré un recul de 0,6% du PIB au quatrième trimestre 2012, lié à la baisse marquée des exportations, et une croissance faible de 0,1% sur l’année, l’Allemagne donne des signes de rebond à en croire les indicateurs de janvier. En revanche, «la France accentue son retard», estime Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo. «Au quatrième trimestre, la baisse du PIB réel est deux fois plus forte en Allemagne qu’en France mais ce qui est important pour la suite réside surtout dans l’écart des indices de climat des affaires. En Allemagne, ils indiquent un rebond dès le début 2013 mais ce n’est pas le cas en France, souligne Oddo.
Selon l’Insee, l’activité française a plié de 0,3% au quatrième trimestre soit la pire performance depuis le premier trimestre 2009. 2012 a abouti à une année de croissance nulle, marquée par trois trimestres sur quatre de régression de l’activité. Le pays a même connu une période de récession. L’activité a enregistré deux trimestres de repli consécutifs au premier semestre 2012, car l’Insee a annoncé hier avoir révisé à la baisse le PIB du premier trimestre 2012 de 0% à -0,1%, un déclin identique à celui du deuxième trimestre.
«Le détail des données confirme l’essoufflement progressif de l’activité. Seule bonne nouvelle du jour, la consommation a, une nouvelle fois, fait preuve de résistance. Les dépenses des ménages ont ainsi progressé de 0,2% au quatrième trimestre, après une hausse de 0,3% au trimestre précédent, souligne Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas. L’évolution des dépenses d’investissement est plus inquiétante. Leur repli (-1%) s’est accéléré».
Toutes les composantes de l’investissement sont concernées : logement des ménages, dépenses des entreprises et des administrations publiques. Autre signe du manque de confiance dans les perspectives d’activité, les entreprises ont continué d’ajuster le niveau des stocks.
Tout semble signaler que le moteur de la croissance va rester en panne dans l’Hexagone qui est aussi fragilisé par un taux de chômage record depuis 15 ans. Les économistes anticipent une contraction du PIB au premier trimestre et donc une nouvelle récession. Le gouvernement vient d’ailleurs de renoncer à son objectif de croissance de 0,8% et de déficit à 3% du PIB cette année.
Dans un contexte de récession longue en zone euro, Berlin a pris les devants il y a plusieurs semaines en baissant son hypothèse de croissance pour 2013 à +0,4%.
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