Le Trésor espagnol anticipe la Fed et les élections catalanes
L’Espagne joue la prudence. Le Trésor s’est aventuré sur le marché obligataire hier alors qu’il avait toujours annulé son émission de dette de la fin août depuis 2004. Au total, l’Espagne a émis 3,5 milliards d’euros de dette, le montant maximum envisagé. 1,6 milliard de titres à 10 ans ont été placés, à un rendement de 1,917%. Lors de l’émission équivalente réalisée le 16 juillet dernier, ces mêmes titres, portant un coupon de 2,15%, étaient ressortis avec un rendement supérieur de 2,099%. Le Trésor a également placé des titres plus courts, arrivant à maturité en 2018 et 2024.
«C’est une surprise, alors que même durant les jours les plus noirs de la crise, l’Espagne avait toujours annulé son émission de fin août», reconnaissaient hier les analystes crédit de Commerzbank. Selon eux, le Trésor espagnol a cherché à anticiper deux événements qui pourraient prochainement compliquer l’accès aux marchés pour le pays: le possible relèvement des taux de la Réserve fédérale mi-septembre, même si la probabilité s’est réduite ces dernières heures, ainsi que les élections régionales anticipées en Catalogne. Le scrutin du 27 septembre pourrait permettre au président actuel de la région, Artur Mas, et à ses alliés d’obtenir la majorité absolue et d’accélérer le processus visant à obtenir l’indépendance. La sécession serait possible en dix-huit mois, a-t’il promis à ses électeurs.
Annoncée le 3 août, la date des élections anticipées en Catalogne a déjà pesé sur les marchés. Le spread entre les taux à 10 ans espagnols et allemands s’est creusé de 18 points de base (pb) depuis. Il s’élevait à 136 points de base hier. Dans le même temps, le spread entre obligations italiennes et allemandes n’a pris que 4 pb à 118 pb. Les spreads des obligations catalanes se sont écartées encore plus fortement. Les prochaines émissions de dette espagnole sont programmées pour les 3 et 17 septembre prochains.
Cette année, le Trésor espagnol prévoit d’émettre 55 milliards d’euros de nouvelles dettes, autant qu’en 2014. Avant les opérations du mois d’août, il avait placé 18,7 milliards. Avec les refinancements attendus cette année, les besoins totaux du Trésor pour 2015 s’élèvent à 239,4 milliards d’euros, dont 154,9 milliards d’euros étaient déjà couverts à fin juillet.
Plus d'articles du même thème
-
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau à la la présidence de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront donc maintenant se prononcer sur ce projet de nomination. -
BPCE continue de surfer sur la marge nette d'intérêt
Le groupe bancaire mutualiste publie pour le premier trimestre 2026 un produit net bancaire de 6,8 milliards d'euros en hausse de 7% sur un an. La banque de proximité pavoise avec des revenus en hausse de 12% sur un an et une marge nette d'intérêts qui bondit de 30%, dopée par une nette progression des crédits distribués. -
Le Comptoir du Private Equity noue un partenariat avec GP-Score
La plateforme d'investissement dédiée au non-coté dans le small cap européen s'allie au spécialiste de l'évaluation des capacités opérationnelles des gérants de private equity pour l'aider dans le processus de sélection ainsi que pour les gérants déjà en portefeuille. -
Malgré la conjoncture, Axa ne dévie pas de sa trajectoire
Conforme aux attentes malgré un contexte macroéconomique toujours très volatil, le premier trimestre 2026 conforte Axa dans sa stratégie de croissance. L'assureur, qui aborde la dernière année de son plan, voit ses revenus augmenter de 6% depuis le début de l'exercice.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France