«Le trading à haute fréquence est une technologie neutre en soi»
Johannah Ladd et Mark Spanbroek de l’association de traders FIA EPTA répondent pour L’Agefi aux critiques portées sur le trading à haute fréquence
Publié le
Solenn Poullennec
- L’Agefi : Le livre «Flash Boys» dénonce les effets négatifs du trading à haute fréquence (HFT). Que répondez-vous à son auteur Michel Lewis?
- JL et MS : Michael Lewis se réfère aux entreprises de trading à haute fréquence mais selon nous il s’agit juste d’une technologie, neutre en soi, qui est utilisée par des nombreux participants de marché. Nos membres agissent pour leur compte propre et jouent le rôle de teneurs de marché. Michael Lewis dit que le marché est truqué. Il ne l’est pas, la structure de marché est complexe. Il explique aussi que les traders à haute fréquence utilisent l’information de leurs clients à leurs dépends (front-running) mais nos membres n’ont pas de clients et pas d’information non publique. Le livre laisse entendre qu’il vaut mieux traiter dans les «dark pools». Ce n’est pas notre avis. La majorité des volumes doit rester sur les marchés transparents.
- Que pensez-vous des dispositions de MIF 2 pour encadrer le trading algorithmique ?
- Nous nous battons pour que la régulation ne force pas les participants de marchés à aller traiter en dehors des bourses. Par exemple, si un acteur qui apporte de la liquidité sur le marché ne peut pas s’en retirer, même lorsque cela devient risqué pour lui, il arrêtera de passer des ordres sur ce marché ou passera des ordres agressifs. Les règles sur les pas de cotation doivent être ajustables et très fines. Revenir à un nombre minimal de décimales ne va pas fournir le meilleur prix aux clients finaux. Les coupe-circuits sont nécessaires mais il faut aussi qu’ils soient bien ajustables. Nous saluons le fait que l’on pourra mettre en place des ratios d’ordres exécutés sur ordres annulés mais ce n’est pas un nouvel outil.
- Vous vous inquiétez du prix des données de marché…
- Le sujet des données de marché va devenir très important dans les mois à venir. Nous risquons de ne pas nous faire que des amis car nous allons de nouveau nous attaquer à ce qui est une vache à lait pour certains. Les bourses ont besoin des données de fournisseurs de liquidités. Elles les vendent à des fournisseurs et les données sont finalement revendues à nos membres. Les prix des ces données sont très élevés. Nous parlons ici de centaines de millions d’euros qui pourraient être économisés chaque année. Pourquoi ne pas mettre directement nos prix à disposition du public ?
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