Le timide rebond de l'économie chinoise incite Pékin à accélérer les réformes
Le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide? A 7,9%, le rythme annuel de croissance de l’économie chinoise au quatrième trimestre est certes supérieur à celui de 7,4% enregistré au trimestre précédent et très légèrement supérieur au consensus de 7,8%, confirmant que «la tendance à la fin de l’année est assez solide sans être pour autant une reprise fantastique», selon Ken Peng, économiste chez BNP Paribas. Sur l’ensemble de l’année dernière, la croissance atteint 7,8%, son plus faible niveau depuis l’année 1999, après avoir atteint 10,4% sur l’année 2010 et 9,3% en 2011.
Si ces chiffres sont souvent contestés, Invesco estimant dans sa version du «Li Keqiang index» que la croissance était plutôt de 3,5% mi-2012 et de 5,5% fin 2012, le détail des chiffres officiels montre que le poids des investissements reste prépondérant dans l’économie chinoise, avec une stabilité de la hausse des investissements en capital fixe, à 20,6% l’an dernier. Sans surprise, le ralentissement de l’activité du pays est principalement dû au commerce extérieur, avec une contribution négative de 2,2%.
Conformément aux souhaits de Pékin d’un recentrage de l’économie vers la demande intérieure, la consommation a contribué à hauteur de 51,8% à la croissance du PIB, contre 50,4% pour l’investissement. «Dans la phase suivante, nous devrons nous concentrer sur un changement du modèle de croissance et améliorer la qualité et l’efficacité de la croissance économique», indiquait le communiqué.
Pour 2013, Stephen King, chef économiste chez HSBC, prévoit une croissance de 8,6%. La croissance des ventes au détail a accéléré à un rythme de 15,2% au mois de décembre, contre une croissance stable à 14,9% prévue par le consensus. Les prix des maisons neuves en Chine ont enregistré une hausse dans 54 des 70 villes, avec une baisse des prix dans seulement 8 villes. Les ventes de logements ont progressé de 11% à un montant de 5.400 milliards de yuans (650 milliards d’euros) l’an dernier, et les ventes d’immobilier commercial de 16% à 7.200 milliards.
Selon le China Securities Journal, les quatre géants bancaires chinois prévoient de distribuer un montant total de crédits de 3.000 milliards de yuans cette année. Si la croissance en 2012 est supérieure à l’objectif de 7,5% fixé par Pékin, le taux de swap à un an chutait ce matin de 12 points de base à 3,20%, sur fonds d’espoir d’un geste de la Banque Populaire de Chine pour assouplir les conditions de crédit. Selon le Wall Street Journal, elle pourrait piloter plus fréquemment ses opérations interbancaires afin d’ajuster plus finement sa politique monétaire.
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