Le taux de change de l’euro fait face à un nouvel accès de faiblesse
L’euro repart à la baisse. La poussée de la gauche radicale aux élections en Espagne le week-end dernier, les doutes sur la capacité de la Grèce à rembourser ses échéances de 1,6 milliard d’euros au FMI le mois prochain, et le discours de la présidente de la Fed Janet Yellen vendredi dernier confirmant une probable première hausse des taux Fed funds d’ici à la fin de l’année, ont fait reculer l’euro de 0,8% hier contre dollar, qui repassait ainsi sous le seuil de 1,09. Depuis son plus haut de 1,147 atteint mi-mai, la monnaie unique a cédé environ 5% contre le billet vert et n’est plus qu’à 3% de son plus faible niveau depuis début 2003, de 1,05, atteint mi-mars.
Le regain d’incertitude sur les perspectives en zone euro s’est également traduit par une hausse de la volatilité implicite à un mois sur l’euro-dollar qui a grimpé à 13,9% hier, soit ses plus hauts niveaux depuis fin 2011. Elle s’est tendue de 5 points en moyenne depuis le début de l’année par rapport à 2014 pour revenir sur des niveaux proches de ceux enregistrés sur les années 2010 et 2011, sans pour autant reproduire les niveaux de tensions extrêmes connus durant les mois d’octobre 2008 (28%), de juin 2010 et d’octobre 2011 (17%). «Les va-et-vient du taux de change euro-dollar sont encore loin d’être terminés», prédit SG CIB.
Les positions vendeuses d’euros ont certes à nouveau été réduites la semaine dernière, mais restent élevées à 168.000 contrats. En outre, les risk reversal à 3 mois reflétant la différence entre les prix des options d’achat et de ventes en dehors de la monnaie sur euro-dollar sont redevenus à des niveaux très négatifs de -2,37, alors que l’indice BNP Paribas CIB montre une hausse des positions vendeuses sur euro à -23 sur la semaine achevée hier. «Cela témoigne du fait que le marché continue de croire à la poursuite de la baisse de l’euro-dollar dans les prochains mois», explique Nordine Naam, stratégiste changes chez Natixis.
Ce nouvel accès de faiblesse de l’euro n’est pas spécifique au dollar. La monnaie unique a chuté de 4,5% depuis le 7 mars contre la livre sterling pour retomber à ses plus faibles niveaux depuis octobre 2007 enregistrés début mars, et de 2,5% contre yen depuis mi-mai, après un rebond de 8% sur un mois. Seules les devises émergentes échappent à cette tendance, avec notamment une chute du real brésilien et de la roupie indienne de 7% et 6% depuis le mois dernier.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed prépare une réunion monétaire incertaine
Entre les discours plus restrictifs de Kevin Warsh et les tensions en Iran, les marchés ont relevé à près de 40% la probabilité d’une hausse de taux ce mercredi à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed. Une telle hausse surprise, non téléguidée par le président de la banque centrale, serait une première en dehors des périodes de crise. -
Les incendies en Gironde illustrent l’écart entre pertes réelles et pertes assurées
Si les risques pour les particuliers ont concentré l’attention, les effets des incendies sur le tissu économique et touristique risquent d’être aussi lourds que durables pour la région. Les pertes réelles devraient largement dépasser les pertes assurées. -
LVMH renoue avec la croissance dans la mode et la maroquinerie
Les ventes de la principale division du géant du luxe ont retrouvé le chemin de la croissance organique au deuxième trimestre. -
CaixaBank étudierait le rachat de Cetelem en Espagne
La banque espagnole, ambitieuse dans le marché à la consommation, s'intéresse aux 3,5 millions de clients de BNP Personal Finance en Espagne. -
Clap de fin pour plusieurs plateformes historiques d'échange crypto
Une poignée de plateformes pionnières du secteur des cryptoactifs ont annoncé arrêter leurs activités en juillet. En cause : le règlement MiCA, la morosité du marché, et l'arrivée de nouveaux concurrents issus de la finance traditionnelle. -
Lazard AM embauche deux dirigeants pour accélérer son plan 2030
Lazard AM mise sur deux vétérans du secteur pour dynamiser sa croissance et affirmer sa stratégie produit à l’horizon 2030.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
Dans la courseA 100 jours des midterms américaines, la reconquête démocrate n'est pas gagnée
Porté par l’impopularité de Donald Trump et l’inquiétude autour du pouvoir d’achat, le Parti démocrate fait la course en tête dans les sondages. Mais entre désavantage financier, découpage électoral défavorable et divisions internes, la route vers la majorité au Congrès reste semée d’embûches -
Lance-flammesIncendies : pour Marine Tondelier, les « pyromanes » sont aussi au gouvernement
La leader des Ecologistes a appelé Emmanuel Macron à convoquer une réunion de crise en « format Saint-Denis », avec les chefs de parti et les présidents des groupes parlementaires -
PolycriseMégafeux : branle-bas de combat pour les entreprises
Face à la situation en Gironde, l’urgence économique s’installe, 13 000 entreprises étant coupées du monde et obligées de recourir au système D. L'Etat priorise l'énergie et la question des indemnisations