Le statu quo de la BCE pousse les stratégistes à revoir leurs prévisions
La Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir ses taux inchangés hier. Mais alors qu’une baisse des taux avait été débattue lors de la réunion de décembre, les membres du conseil des gouverneurs ont tous défendu le statu quo ce mois-ci.
Cette unanimité pousse certains analystes à revoir leurs prévisions d’assouplissement monétaire. «Une autre baisse des taux n’est plus sur la table, à moins d’une nouvelle dégradation de l’économie», assure Carsten Brzeski, chez ING. «Nous ne nous attendons plus à une baisse du refi au premier trimestre», écrit Jürgen Michels chez Citi. Le stratégiste parie cependant sur une baisse du taux à 0,25% d’ici fin 2013.
Pour justifier le maintien des taux, le président de la BCE, Mario Draghi, a expliqué que les prévisions économiques de la banque n’avaient pas changé depuis la fin de l’année dernière. Surtout, «la fragmentation monétaire est peu à peu en train d’être réparée». Et le banquier d’énumérer les signes d’amélioration: les taux et les CDS de la dette des pays en difficulté ont baissé, les marchés actions sont remontés, la volatilité est à des plus bas historiques et la confiance des investisseurs se renforce. Certes, la banque centrale a repéré certains signes d’«exubérance» mais ils restent limités à quelques LBO.
Au niveau de l’Eurosystème, les soldes du système Target 2 diminuent, tout comme le bilan de la BCE. Les banques des pays périphériques ont vu la base de leurs dépôts se renforcer et ont pu réduire leur dépendance à la banque centrale. Enfin, des capitaux étrangers affluent dans la zone euro. Mario Draghi s’est cependant gardé de dire que le pire était passé. L’amélioration des conditions financières ne s’est pas répercutée sur l’économie, le crédit reste déprimé et la reprise de l’activité ne devrait être que graduelle en 2013. Le président de la BCE a une nouvelle fois appelé les gouvernements à redresser leurs finances et à mener des réformes structurelles.
Mario Draghi a aussi déploré les problèmes rencontrés par la Banque de France cet été pour bien calculer certaines décotes appliquées au collatéral. L’incident est clos et n’a pas eu d’impact sur la politique monétaire. Toutefois, le président de la BCE l’a pris «très, très au sérieux» et a mis en place des contrôles. Il a même reconnu que ces erreurs posaient la question de la centralisation de la gestion du collatéral à Francfort.
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