Le sauvetage du système financier grec pourrait coûter 25 milliards d’euros
Les banques grecques sont en passe d’être à nouveau recapitalisées. L’accord trouvé lundi entre la Grèce et ses créanciers prévoit une enveloppe allant jusqu’à 25 milliards d’euros à cet effet mais reste flou sur les modalités de ces recapitalisations.
«Compte tenu de l’acuité des problèmes rencontrés par le secteur financier grec, l’enveloppe totale d’un nouveau programme éventuel du MES [Mécanisme européen de stabilité] devrait inclure la constitution d’un fonds de réserve de 10 à 25 milliards d’euros pour le secteur bancaire afin de pouvoir faire face aux éventuels besoins de recapitalisation des banques et aux éventuels coûts de résolution, dont 10 milliards d’euros seraient immédiatement mis à disposition dans un compte ségrégué au MES», souligne l’accord.
Celui-ci prévoit aussi que le mécanisme de surveillance unique européen (MSU) rattaché à la BCE fasse une «évaluation complète» des bilans bancaires «après l’été». Lors de celle menée en 2014, les banques grecques répondaient dans l’ensemble aux exigences de la BCE si l’on tenait compte des recapitalisations, mais la situation s’est détériorée depuis avec la fuite des dépôts et la remontée des prêts non performants.
Pour faciliter les recapitalisations, l’accord prévoit que, d’ici au 22 juillet, la Grèce ait transposé la directive sur le redressement et la résolution des crises bancaires (BRRD). Le texte prévoit la mise à contribution des actionnaires, des créanciers et même des déposants au-dessus de 100.000 euros au redressement et à la résolution des banques. Et ce, jusqu’à hauteur de 8% du bilan au moins.
Ce n’est qu’une fois ce seuil atteint que les banques peuvent faire appel aux fonds de résolution et aux fonds publics, notamment au MES. Atteindre ce seuil, «nécessiterait une décote de 100% sur les obligations juniors et seniors et une décote très élevée sur les dépôts non garantis (jusqu’à 39% dans une banque)», prévient Silvia Merler, du think tank Bruegel. Quant au fonds unique de résolution européen, il n’est censé être opérationnel qu’à partir de janvier 2016 et ne doit atteindre sa cible de 55 milliards d’euros qu’au bout de huit ans.
L’accord de lundi précise «qu’une décision rapide sur le nouveau programme est une condition pour permettre aux banques de rouvrir, et donc d’éviter une augmentation de l’enveloppe globale». Lundi, la BCE a décidé de maintenir inchangé, à 89 milliards d’euros, le plafond de liquidités d’urgence des banques grecques.
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