Le Royaume Uni au seuil du saut dans l’inconnu
Le grand jour du vote décisif est arrivé : le Parlement britannique s’apprête, selon toute probabilité, à rejeter l’accord avec l’Union européenne que lui propose Theresa May. Si le résultat paraît acquis, ce qui suivra l’est si peu que personne ne se risque à faire un pronostic sur le destin politique d’un Etat plus divisé que jamais.
Les scénarios qui suivront le vote de mardi dépendront du rapport de force entre ceux qui voteront pour l’accord et les autres. Un faible déséquilibre entre les deux camps avantagerait le Premier ministre ; mais une franche défaite, plus probable, donnerait la main à son opposition. Les Travaillistes se tiennent prêts à demander un vote de censure puis, en cas de victoire, à provoquer de nouvelles élections sans que l’on sache, d’ailleurs, s’ils iraient à la bataille sur une ligne pro-Brexit ou pas.
Bien d’autres schémas sont aussi possibles d’ici la date fatidique du 29 mars, qui tous consacrent une profonde évolution de la pratique institutionnelle. Mutatis mutandis, on risque d’assister, de même qu’en France, à un affaiblissement de l’exécutif mais pas pour les mêmes raisons : alors que de ce côté-ci du « Channel », c’est la rue qui a précipité son déclin, outre-Manche c’est le Parlement qui, au contraire, a imposé sa prééminence.
Plusieurs votes clés récents y ont imposé à Mme May de proposer, en cas de défaite, un « plan B » sous trois jours, tout en donnant à Westminster la main pour modifier l’ordre du jour de Downing Street sur le Brexit. Or celui-ci est massivement hostile à une sortie sans accord.
Cela pourrait sembler rassurant, mais l’apparence est trompeuse. D’abord la mécanique institutionnelle britannique est d’une telle complexité que la Grande Bretagne pourrait se trouver acculée à un « hard Brexit » à son corps défendant ; ensuite, même si l’organisation d’un second référendum ne peut plus être exclu, encore que le temps pour l’organiser menace de manquer, rien ne dit que le peuple Britannique ait sur le fond changé d’avis.
S’il maintenait son vote sur le Brexit, une sortie sans accord serait immédiate. Dans ce cas, à la célèbre division en trois de l’humanité que retenait Winston Churchill, entre « les ennuyés à mort, les endettés à mort et les angoissés à mort », il faudrait dans le cas britannique en ajouter une quatrième : « les enragés à mort ».
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision. -
La perte abyssale de Volvo Cars le pousse à intensifier ses restructurations
Le constructeur suédois a lancé un nouveau plan d’économies de 5 milliards de couronnes, qui entraînera la perte de 2.500 emplois supplémentaires. -
« Nous gardons un biais positif sur les actions américaines »
Nicolas Laroche, Global Head of Advisory & Asset Allocation, UBP -
«Notre crainte est que le marché du crédit reste volatil»
Benoist Grasset, gérant high yield chez Generali Investments
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- Tikehau cherche à s'adjoindre un nouveau partenaire stratégique
- La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.