Le risque immobilier plane sur l’univers des pays notés AAA
Le socle de croissance des pays notés AAA est-il solide? Alors que l’accélération de la croissance mondiale est censée provenir essentiellement des pays développés l’année prochaine, Amundi alerte sur le fait que «dans plusieurs pays développés (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Norvège, Royaume-Uni, Suède), ayant en commun d’être notés AAA (…), les prix de l’immobilier ont fortement grimpé ces derniers trimestres.» L’OCDE estimait déjà en mai, sur la base de l’écart à la moyenne de long terme des ratios «prix sur loyer» et «prix sur revenus», que les prix immobiliers étaient surévalués à hauteur de 49% en Norvège, de 47% au Canada, de 42% en Nouvelle-Zélande, de 29% en Australie, de 27% en Suède et de 26% au Royaume-Uni.
Alimentée par un environnement de taux bas ces dernières années, qui a incité les ménages à continuer à s’endetter pour acquérir un logement, «l’expansion du secteur immobilier a permis de soutenir la croissance, soit directement par l’investissement dans le secteur résidentiel, soit par le canal des ‘effets de richesse’ qui veut que les ménages, se sentant plus à l’aise financièrement, consomment davantage», explique Amundi. Pourtant, cette croissance a eu pour principale conséquence une augmentation inquiétante de la dette des ménages, indexée à taux variables, qui atteint 180% de leur revenu disponible en Norvège, 150% en Nouvelle-Zélande, en Australie et en Suède, 140% au Canada et au Royaume-Uni.
Le risque consiste en un éclatement de la bulle immobilière qui renverserait les effets de richesse et conduirait ainsi, comme ce fut le cas en Espagne, aux Etats-Unis ou aux Pays-Bas, à une probable récession et une augmentation des déficits publics. Une perte du AAA serait alors inévitable et réduirait ce segment «à une peau de chagrin, ce qui amènerait à repenser radicalement la gestion obligataire et ce que l’on en attend», estime Amundi.
Dans ce contexte, la politique monétaire menée par les banques centrales de ces pays vire d’ailleurs «au casse-tête depuis quelques trimestres». Si la banque centrale de Nouvelle-Zélande a opté pour des mesures macro-prudentielles, et si la BoE a décidé de ne pas reconduire son programme Funding for Lending pour les prêts aux particuliers en 2014, la Riksbank suédoise a finalement baissé son taux directeur à 0,75%. La RBA a ramené ses taux à 2,5%, et l’autorité norvégienne a repoussé d’un an, à l’été 2015, une hypothétique hausse de taux directeur.
Plus d'articles du même thème
-
Soitec reprend sa marche en avant boursière malgré des résultats en repli
Le spécialiste des semi-conducteurs a enregistré une perte au cours de son exercice décalé 2025-2026 mais il anticipe un rebond de ses ventes. Son action repart à la hausse et confirme son envolée des derniers mois. -
Main Capital poursuit son offensive dans le software européen
Après de récents investissements en Allemagne et en Suède, le gérant néerlandais signe la seizième opération de son fonds phare en prenant le contrôle de l’éditeur de logiciels belge Ferranti. -
Des institutionnels réclament l'harmonisation du droit des actionnaires en Europe
La consultation de la commission européenne sur la révision de la directive sur le droit de vote des actionnaires (SRD2) suscite la réaction de plusieurs investisseurs institutionnels. S'ils sont globalement satisfaits des avancées de la nouvelle version, ils réclament à Bruxelles une plus grande harmonisation en matière de vote. -
Claire Bourgeois : «Les crises permettent de révéler le meilleur de chacun»
Podcast - Claire Bourgeois, associée gérante d’Alpha Conseils Co, est la nouvelle invitée de Haute Fréquence. -
LGPS Central dote ses fonds partenaires d'une plateforme de reporting multi-actifs
Le véhicule de mutualisation de 14 fonds de pension locaux britanniques retient un prestataire pour la mise en place d'une plateforme de reporting sur ses portefeuilles cotés et non cotés. -
Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
Une dizaine d’institutions financières, dont Nordea AM, sont signataires de cet appel envers l’Union européenne pour privilégier la protection de l’environnement, la résilience énergétique à long terme et la sécurité du Vieux continent.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La réplication synthétique dévoie la vocation du PEA
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- L’essor de la gestion passive continue de soutenir l’industrie des indices en 2025
- L’Italie cherche à canaliser l’épargne vers ses entreprises
- Invesco discute avec le fondateur de Zara pour lui céder l'immeuble Capital 8 à Paris
Contenu de nos partenaires
-
Dans le sillage des nouveautés
De la lavande métallique de Matière Première aux amandiers provençaux de Dior, en passant par la joie en flacon d'Initio ou le floral irisé de L'Entropiste, voici une sélection de parfums à découvrir, et peut-être à offrir, à l'approche de la fête des mères. -
Nucléaire : la Norvège rallie la « dissuasion avancée » voulue par Emmanuel Macron
En refondant début mars sa doctrine nucléaire, Emmanuel Macron a ouvert la force de dissuasion française à une coopération renforcée avec plusieurs partenaires européens. Dernier État à rejoindre cette architecture : la Norvège -
Commerce et Intelligence artificielle : merci le Brexit !
Dix ans après le Brexit, le Royaume-Uni défie les pronostics en signant un accord inédit avec le Golfe et en s’imposant comme une plaque tournante de l'IA